Alexandra Mouton (LFI) : « Pour moi, l’écologie, ce n’est pas faire le SAV du capitalisme »

Dans cette série de portraits, nous avons choisi de mettre en avant l’engagement de jeunes au sein de partis politiques. Pourquoi décident-ils de s’engager, que leur apporte le militantisme, quelles idées leur plaisent au sein de leurs mouvements respectifs… Voilà toutes les questions que nous nous sommes posées afin de réaliser ces cinq premiers portraits, avec la volonté de surmonter nos convictions personnelles.

Aujourd’hui, nous vous racontons notre rencontre avec Alexandra Mouton, 20 ans, membre des Jeunes Insoumis.e.s de Lille.

«Je ne me voyais pas rester dans mon canapé sans essayer de changer les choses. Tout ce qui se passe actuellement me révolte un peu. ». Alexandra Mouton, 20 ans, affirme clairement son engagement auprès de La France Insoumise, mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon en 2016.

Cette étudiante en deuxième année à Sciences-Po Lille a déjà un parcours militant plutôt conséquent. Originaire de Chalou-Moulineux dans l’Essonne – « un petit village de 400 habitants » – elle découvre réellement le militantisme lorsqu’elle part étudier à Paris en prépa hypokhâgne. «J’avais toujours voulu militer mais je n’en avais jamais eu vraiment l’occasion près de chez moi » explique celle qui a un temps divagué entre diverses formations politiques. Au fil des grèves étudiantes et des manifestations contre la Loi Travail en 2016, elle se dirige finalement vers la récente formation de gauche radicale : «la figure et le discours de Mélenchon me plaisaient, c’est lui qui se rapprochait le plus de mes idées. »

« Il ne suffit pas de dire aux gens d’acheter des brosses à dents en bambou »

Rapidement, le mouvement insoumis propose à la jeune femme une place de candidate pour les élections législatives à Paris. La majorité à peine acquise, Alexandra Mouton se retrouve donc à concourir pour une place de députée dans le XVIe arrondissement, au sein d’une circonscription « pas très ‘’La France Insoumise friendly’’ » selon elle. « C’était un moment intéressant mais aussi lourd à porter quand on a 18 ans et et qu’on est pas très expérimentée ». Avec un peu moins de 3 % des voix, elle finira loin derrière Claude Goasguen (LR), qui a toujours été réélu dans cette circonscription traditionnellement de droite depuis 1997.

Aujourd’hui militante à Lille, Alexandra Mouton estime que la jeunesse doit « prendre possession de la vie politique ». Et notamment face à l’urgence climatique, thème dont la lutte doit selon elle être une priorité, adhérant pleinement à l’idée de « règle verte » prônée par Jean-Luc Mélenchon. Pour elle, il ne suffit pas de « dire aux gens d’acheter des brosses à dents en bambou » mais plutôt de faire évoluer plus profondément les mœurs de notre époque en « repensant les modes de production ». « Pour moi, l’écologie, ce n’est pas faire le SAV du capitalisme ».

Mais par quels moyens mettre en œuvre cette transition écologique ? « En liant les questions écologiques et les questions sociales » affirme Alexandra Mouton, en faisant implicitement référence à la taxe carbone mise en place par le gouvernement en novembre qui a entraîné la crise des gilets jaunes. A ce propos, la jeune femme se montre particulièrement véhémente à l’encontre des décisions de l’exécutif depuis le début des manifestations, multipliant les formules chocs. La crise des gilets jaunes ? « Un ras-le-bol général d’une partie de la population qui voit que les richesses ne sont pas équitablement réparties. » La colère sociale ? Une opposition « entre des riches qui s’enrichissent toujours plus et des pauvres qui s’appauvrissent toujours plus, qui ont du mal à boucler leurs fins de mois. » Le grand débat ? « Un coup de com’ de Macron qui commence sa campagne européenne sans vraiment le dire » finira-t-elle même par lâcher.

« C’est à la jeunesse qu’appartient l’avenir, c’est à elle de faire changer les choses »

Chez les insoumis aussi, la campagne européenne a débuté. Tout comme d’autres partis (LR, RN), le mouvement a choisi de désigner une personnalité jeune comme tête de liste pour ce scrutin. Pour celui-ci, ce sera Manon Aubry, 29 ans, qui sera chargée de mener la liste insoumise aux prochaines élections, pour le moment à la peine dans les sondages (elle recueillerait seulement 8 % des voix selon un sondage Ipsos publié le 25 mars dernier). « Comme dit Mélenchon, nous devons envoyer un ‘’commando démocratique’’ au Parlement européen. » S’il est vrai que concernant son rapport à l’Union Européenne, les positions du leader insoumis ont beaucoup évolué entre les deux dernières campagnes présidentielles, Alexandra Mouton souhaite apporter une vision un peu plus claire du sujet. Elle défend la « volonté d’une Europe plus transparente ». « Il ne s’agit pas de remettre en cause l’Union Européenne en elle-même, mais son fonctionnement. »

A la fin de l’interview, après avoir discuté pendant une demie-heure, on sent que la militante insoumise est désormais expérimentée dans la vie politique, malgré son jeune âge. Elle souhaiterait qu’encore plus de jeunes s’investissent en politique : « c’est à la jeunesse qu’appartient l’avenir, c’est à elle de faire changer les choses. » Les récentes manifestations pour le climat sont pour elle une preuve que cette dernière est tout de même plus en plus impliquée, bien qu’elle estime qu’« il faudrait [maintenant] que la plupart des jeunes passent à l’action ». Pour Alexandra Mouton en tous cas, l’engagement était une évidence.

THÉODORE AZOUZE

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