Louis Delemer (LR) : « Chacun a son mot à dire en politique »

Dans cette série de portraits, nous avons choisi de mettre en avant l’engagement de jeunes au sein de partis politiques. Pourquoi décident-ils de s’engager ? Que leur apporte le militantisme ? Quelles idées leur plaisent au sein de leurs mouvements respectifs ? Voilà toutes les questions que nous nous sommes posés afin de réaliser ces portraits, avec la volonté de surmonter nos convictions personnelles.

Aujourd’hui, à quelques jours du scrutin européen, nous vous racontons notre rencontre avec Louis Delemer, 25 ans, responsable départemental adjoint des Jeunes Républicains du Nord et délégué national des Jeunes Républicains :

2012 : À l’occasion des présidentielles, Louis Delemer vote pour la première fois. 7 ans plus tard, il est professionnel de la politique depuis 2 ans comme délégué national et responsable départemental adjoint des Jeunes Républicains du Nord. Ainsi, il anime toutes sortes d’évènements dans le département, des rencontres avec des personnalités à celles d’experts…  Un parcours impressionnant pour le jeune militant qui à l’origine ne vient pas « d’un univers particulièrement politisé », ou alors plutôt à gauche du côté paternel. 

La raison de cet engagement spontané ? Nicolas Sarkozy, qui par sa personnalité et son programme ont su le « séduire ». En 2014, à la suite de son meeting à Lambersart, il convainc d’ailleurs Louis au point qu’il demande sa carte du parti. 

D’abord, son engagement est local mais intense. Sur le terrain, il suit l’équipe de campagne de Xavier Bertrand dans le cadre de sa candidature aux régionales. « On avait beaucoup de jeunes avec nous à ce moment-là », précise-t-il. Antoine Sillani, le responsable des Jeunes Républicains du Nord, lui donne alors sa chance pour occuper le poste, alors vaquant, de responsable adjoint. Progressivement, il décide de s’engager dans les nationales pour faire remonter les revendications de l’ensemble de l’hexagone, et se fait élire par un bureau de jeunes du parti. 

« Un parti où il n’y a pas qu’une seule vérité » 

L’UMP (aujourd’hui Les Républicains), c’est pour Louis Delemer un parti où « il n’y a pas qu’une seule vérité ». Les différents courants, mouvements et sensibilités entraînent des divergences notamment au niveau économique, mais qui seraient à son sens une « ouverture ». Les différentes personnalités se rejoignent évidemment autour d’un socle d’idées commun, mais le débat est une des facettes du mouvement qui s’est illustrée au cours de la primaire de la droite en 2016. Par ailleurs, la coordination  des opinions est permise par l’élection d’un président du parti, aujourd’hui Laurent Wauquiez : « on a une grande chance d’élire notre président, ce n’est pas le cas partout », se réjouit-il. De son côté, vrai sarkozyste convaincu, il apprécie l’importance donnée à la méritocratie. « Travailler plus pour gagner plus, c’est une mesure du quinquennat de Nicolas Sarkozy : c’est cela qui m’a donné envie de m’engager » avoue-t-il. « Travail, Mérite et Famille » sont ainsi les valeurs qui lui tiennent le plus à coeur, conjointement à une vision libérale du monde de l’entreprise. 

Cependant, si « c’est par le travail qu’on arrive à s’émanciper et à grandir », Louis précise qu’il « ne faut pas oublier le social ». Dans un pays aux politiques sociales historiques, cet engagé estime qu’il faut récompenser les travailleurs tout en remettant les inactifs « sur le chemin du travail ». 

Toutes ces idées, il estime qu’il est primordial de les défendre pour les faire gagner. Le militantisme, c’est aussi faire triompher ses convictions dans un enjeu de confrontation des divers partis français. Une chose réunit cependant toutes les sensibilités politiques : « C’est l’amour qu’on a pour notre pays ». Alors, devenir militant serait le meilleur moyen de s’engager pour défendre un projet dans lequel on se retrouve. 

« Chacun a son mot à dire »

Au cours des présidentielles de 2017, 9 individus de moins de 30 ans sur 100 ont placé le nom de François Fillon dans leur bulletin de vote. « C’est dramatique », regrette Louis. Selon lui, il faut pousser à l’engagement de ces jeunes qui disent « ne plus se retrouver en politique » pour proposer des programmes qui leur parlent et qui susciteront à leur tour l’enthousiasme des jeunes générations. « Je pense que chacun a son mot à dire, que chacun peut participer à la création de la société », ajoute-t-il. 

Comment convaincre ceux qui restent passifs ? Un moyen pertinent serait de « s’adresser plus directement à eux » : multiplier les actions militantes devant les lieux fréquentés par les étudiants, coller des affiches, faire du tractage… Même une petite action serait politique. 

Car pour lui, cette dernière « n’est pas un gros mot ». Elle permet de changer les choses, à toutes les échelles, et l’engagement du maximum de personnes permettra à l’ensemble des citoyens de se retrouver dans des mesures qui leur parlent. 

Une grande confiance à la veille du scrutin 

La jeunesse de la tête de liste LR, François Xavier Bellamy, 33 ans, est de l’ordre de la nouveauté. D’habitude et pour un grand nombre de sensibilités politiques, les représentants aux européennes sont plutôt des figures expérimentées. 

Si Louis « ne fait pas l’apologie du jeunisme », mentionnant les ténors de la Droite, il concède que la jeunesse « apporte toujours quelque chose de positif ». A l’heure d’une campagne de la permanence avec les réseaux sociaux, qui suscite l’implication de publics jusqu’alors peu politisés, des visages et regards neufs permettraient de « dépoussiérer la politique »,  s’ils sont au même nombre que des personnes d’expérience. 

S’il fallait choisir une idée dans le programme des Républicains ? « La défense d’une Europe qui protège les Français, qui puisse se développer non pas en nombre mais économiquement (…) pas une Europe fédérale, mais une « Europe des nations » ». 

Ainsi, il conviendrait de stabiliser la situation sur le territoire avant de penser à tout élargissement, comme avec l’entrée de la Turquie, et de redonner de la force de décision aux parlements nationaux sur certains sujets pour ne conserver que la discussion des intérêts de tous à Bruxelles. Par exemple, Louis dit croire en « une Europe des questions militaires et migratoires », non pas par l’instauration de frontières, mais par des contrôles réguliers. 

En revanche, la France devrait à son sens s’imposer davantage sur la scène internationale: « Il faut que la voix de la France soit entendue, nous ne sommes pas n’importe quel pays. La France doit avoir un rôle majeur dans les 20, 30 prochaines années. »

Au niveau national, Louis insiste sur l’influence de son parti politique à l’Assemblée nationale et au Sénat : « Nous avons un vrai rôle à jouer ». Leur statut de première force d’opposition leur permettrait d’occuper le poste de contrôleur de l’exécutif, car la majorité des textes votés par les sénateurs sont souvent appliqués tels quels. 

En parallèle, le Rassemblement National (RN) s’annonce en tête des intentions de vote pour ce Samedi ; Les Républicains insistent à se représenter en position de barrage. Notre intéressé rejette d’ailleurs toute critique selon laquelle la Droite qu’il porte irait de plus en plus à droite : « Il n’y a pas de dérive droitière au sein du bureau politique. J’ai entendu ces commentaires jusqu’à l’année dernière, plus maintenant. Il est vrai que Wauquiez, notre président, est plus à droite que d’autres sur certains sujets comme l’immigration, qu’on appelle chez nous « l’assimilation ». Mais d’autres personnalités restent avec nous ».  S’il déplore le départ de « piliers » du mouvement comme Xavier Bertrand, il dit ne pas douter d’une réunion de tous les politiques de Droite « au moment venu », guidés par le principe premier d’un socle d’idées communes. 


« L’écologie n’a pas à être envisagée de façon punitive »

Mais qu’en est-il de l’écologie, un sujet majeur de ce vote à venir ? Si certaines pancartes de lycéens et étudiants l’ont amusé, il nous répond : « Je trouve cela très bien car si l’on dit que les jeunes sont peu politisés, force est de constater qu’ils sont toujours nombreux aux manifestations pour le climat. De façon générale je salue cet engagement ». 

Du point de vue des politiques, le jeune homme voudrait une vision plus positive de la préservation de l’environnement, résumant l’action du gouvernement comme un enchaînement de sanctions. De plus, beaucoup de progrès ont été faits en terme d’éducation à l’écologie mais il semble primordial d’intensifier cet élan pédagogique. 

« J’ai 25 ans, et à l’école je n’ai aucun souvenir d’avoir entendu parler de préservation de la planète. Il semble que cela a changé, ce qui me réjouit mais (…) il faut encore en faire plus. »

Pour l’avenir, Louis a du mal à se projeter : « Me concernant c’est difficile à dire… Je suis déjà très engagé localement, j’ai aussi voulu m’engager dans les nationales auprès des jeunes des territoires ». Cependant, à un an des prochaines élections municipales, il ne nous cache pas une ambition de victoire de la Droite : « Si je n’avais qu’un seul souhait, ce serait de faire tomber la ville de Lille, récupérer le beffroi pour jouer un rôle dans la prochaine majorité » Selon lui, Les Républicains auraient toutes leurs chances face à Martine Aubry, actuelle maire de Lille et titulaire de 3 mandats, « à bout de souffle ». 

Alors finalement, pourquoi s’engager ? « Pour l’avenir », nous répond Louis Delemer. L’engagement d’aujourd’hui a tant des répercussions sur notre vie de tous les jours que sur notre futur. Par la participation à la vie politique, on apporte sa vision de la société et on donne l’opportunité d’une meilleure représentation de tous les français. 

« Surtout, on va transmettre ce qu’on bâtit aujourd’hui aux générations futures », conclut-il.

EMMA CHALLAT

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