L’ITW musicale : Aloïse Sauvage, artiste pluridisciplinaire

Aloïse Sauvage, 26 ans est une artiste complète. Chanteuse, actrice et circassienne, elle entremêle ces arts pour donner au public des représentations inédites. Entre deux balances, l’artiste a accepté de répondre à nos questions. 

Couverture de l’EP Jimmy
  • Être chanteuse, c’était un rêve de petite fille ? 
Photo : Florence Perel

J’ai toujours eu ce désir d’être sur scène mais à la base je me voyais plutôt clown ou humoriste. Quelque chose en rapport avec le jeu. Ce qui est drôle c’est que j’ai commencé la musique avec la pratique instrumentale : la flûte traversière après avoir vu un un soliste dans un concert de musique irlandaise. J’avais envie d’être à sa place : sur la scène. Après j’ai fait de la batterie et du saxophone. Pendant dix ans j’ai suivi le conservatoire. Rien à voir avec le hip-hop d’aujourd’hui (rires).

Donc c’est plutôt le désir d’être sur scène qui m’a menée vers la chanson. Je n’ai pas été la petite fille qui chante avec sa brosse à cheveux !

  • Comment décrirais-tu ton processus de création ? 

Je n’ai pas vraiment de méthodes. Mon désir de faire des chansons et de la musique vient surtout des textes. De base, c’est quand même l’écriture qui porte le projet et l’envie de le mettre en musique. Maintenant soit j’ai un début de musique qui va m’inspirer un texte, soit j’ai des mots qui vont entrer en collision avec une boucle de musique. À ce moment je vais me dire : « Ah ! C’est exactement ce mariage ». Ensuite, je vais écrire en même temps que la musique se compose. C’est un peu du ping-pong. Je suis quelqu’un qui agit de manière très instinctive. Parfois en une journée je peux écrire trois morceaux !

  • Quel est le message de ton nouvel EP « Jimy »

J’ai choisi la chanson « Jimy » comme titre éponyme de mon EP justement parce que j’avais la certitude que cette chanson regroupait toutes les thématiques de mon EP. Jimy, c’est une histoire d’amour entre deux femmes.

En fait, c’est vraiment des choses que j’aborde beaucoup dans mes chansons : la liberté d’être qui on veut, d’aimer qui on veut, de faire ce que l’on veut du moment qu’on le fait en respectant tout le monde. Prendre confiance en soi, s’assumer, s’accepter, ce sont des thématiques complètement inhérentes à mon projet. 

  • Comment décrirais-tu ton évolution musicale depuis ton titre « Ailleurs Higher » jusqu’à celui de « Jimy » ? 

Moi je n’ai pas dix ans de chanson à mon actif. À chaque fois que j’ai fait une chanson je l’ai sortie. On se rend compte de l’évolution de quelqu’un qui commence et qui se jette à l’eau. 

Dans Ailleurs higher et Aphone Aphone j’étais dans quelque chose de plus expérimental qui n’avait pas forcément d’objectif de forme. Je voulais juste m’exprimer. Avec Jimy c’était différent parce que j’avais envie qu’il y ait une cohérence puisque c’était un EP. J’avais envie d’aller vers une couleur musicale teintée de hip-hop. J’adore les percussions et la rythmique. Je suis très attachée à ça. 

« Il n’y a pas de triche, je me découvre en même temps que les gens me découvrent. »

  • En plus de la casquette de chanteuse, tu es aussi danseuse, circassienne mais aussi actrice. Tes chansons sont-elles un brassage de ces arts ? 

Oui on peut dire ça, c’est vrai qu’il y a un brassage. Après je ne dirais pas que c’est
complet parce que je n’aurais pas la prétention de le dire. J’aimerais qu’un jour j’arrive à me dire : « Là ce que tu proposes sur scène c’est complet « . Mais oui, ce que j’ai fait auparavant me sert. Puis ça me permet d’aborder la scène avec une forme de force et de courage, parce que j’ai appréhendé autrement cette scène là, de manière très physique.

Et maintenant en défendant un projet aussi intime par mon écriture, mes mots, ma musique, je peux m’entourer de muscles un peu plus saillants dès le départ. Donc ça m’a permis de me jeter à l’eau comme je l’ai fait. Sinon je pense que je n’aurais pas osé. Je viens de la danse, du cirque, du théâtre, sur scène c’est là ou je me sens le mieux. C’est mon espace de liberté et je le protégerai ad vitam aeternam

  • As-tu de nouveaux projets que ce soit dans le monde musical ou cinématographique ? 

Je suis en plein dans la création de mon premier album qui sortira en 2020. S’en suivra une grande et belle tournée je l’espère. L’automne est purement musical. 

Je continue la tournée d’automne avec quelques petites dates par-ci par-là jusqu’au 12 novembre à l’Élysée Montmartre à Paris qui est la date phare pour clôturer l’EP. Ce sera une belle fête, il faut venir ! 

Capture d’écran 2019-09-28 à 20.39.45

Et concernant ma casquette d’actrice, j’ai joué dans Hors normes, d’Eric Toledano et Olivier Nakache avec Vincent Cassel et Reda Kateb qui sort le 23 octobre. J’ai aussi participé à un film un peu ovni, un projet très atypique et très beau de Vincent Delerme qui s’appelle Je ne sais pas si c’est tout le monde qui sortira aussi le 23 octobre. Au printemps 2020, je joue dans une série originale Canal+ qui s’appelle Possessions de Thomas Vincent avec Nadia Tereszkiewicz et Reda Kateb et beaucoup d’autres acteurs géniaux. 

  • Une date de prévue à Lille ?

Pour le moment non, mais en 2020 c’est sûr. J’adore cette ville en plus !

  • Pour toi, c’est quoi le concert parfait ? 

Le concert parfait c’est quand je sens une satisfaction du public et de moi-même. Ça crée une alchimie parfaite. Le concert parfait, c’est de ressentir que les gens sont heureux d’être là et sont réceptifs à ce que je propose. Qu’ils en ressortent un peu changés. Changés parce qu’ils ont été touchés par une chanson, qu’ils ont vécu un moment avec leurs proches, qu’ils ont été enivrés par l’énergie, qu’ils ont retenu quelque chose, un bout de moi. 

Il faut ajouter à ça le fait qu’il faille que je sois fière de ce que j’ai fait. Que je sois allée au maximum, sans aucun regret possible. Voilà, les deux combinés ça fait un concert parfait !

  • Selon les dires, tu as un rituel assez particulier avant de monter sur scène, tu peux nous le décrire ? 

(Rires) En fait, j’essaie de m’échauffer. Moi je viens du cirque et quand on s’échauffe on se tord dans tous les sens, on s’étire, on fait de la musculation. Et quand je suis arrivée dans la musique je me suis dit « Oulala certains ne s’échauffent presque même pas la voix ». Donc c’est vrai que moi je n’oublie pas mon corps. J’essaie de m’échauffer comme une boxeuse, donc je fais des pompes, des grands écarts, je saute partout, je fais des vocalises en courant. Je fais une préparation pour aller sur scène, sinon au premier morceau je m’essouffle vu que je n’arrête pas de bouger et de danser ! Disons que j’ai une petite préparation de boxeuse

Propos recueillis par FAUSTINE MAGNETTO

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