La 10ème édition de la Nuit du Modèle Vivant : un événement artistique Lillois

Mercredi 16 octobre, c’était environ plus de 2000 jeunes et étudiants curieux qui étaient déjà amassés devant les grilles du Palais des Beaux-Arts de Lille, avant même que le musée n’ouvre ses portes pour une soirée quelque peu spéciale. C’est vers 19h qu’a débutée la 10ème édition de la Nuit du Modèle Vivant, au sein même de l’imposante bâtisse située à l’une des deux extrémités de la place de la République.

A l’intérieur des 22000 m² dont dispose l’édifice classé monument historique s’est déroulée une soirée unique en son genre. Après 7 mois de travail en partenariat avec 6 écoles d’arts, ainsi que le Conseil Lillois de la Jeunesse, le Palais des Beaux-Arts a été « contraint de limiter les entrées, ce qui a provoquer beaucoup d’attente […]« , tant le public était au rendez-vous. En effet, entre les Monet et les Delacroix on pouvait observer, le temps de quelques heures, une surprenante procession de modèles nus qui déambulait dans les couloirs du musée. Grâce à leur expérience, ces modèles ont réussi à contribuer à l’ambiance chaleureuse mais surtout sérieuse qui régnait au premier étage du bâtiment. Dans presque chaque pièce, c’était des dizaines d’étudiants en arts qui étaient venus pour profiter de cette occasion pour croquer les modèles, et surtout pour avoir la chance de progresser au milieu d’artistes immenses déjà exposés sur les murs alentours. Toutes les écoles d’arts de la ville étaient représentées ainsi que l’organisme Erasmus Student Network (ESN) qui a permis de diversifier au maximum le public. En mettant en place un tarif gratuit pour les moins de 30 ans, et en mettant à disposition beaucoup de matériel pour dessiner, c’est avec un grand succès que la soirée a pu se dérouler et bénéficier au plus grand nombre.


Une soirée aux expériences variées

Certains sont même ressortis surpris de leurs apprentissages comme Octave (16 ans), en classe de première à l’ÉSAAT et dessinateur de longue date malgré son jeune âge. « Je suis venu pour me concentrer sur les modèles vivants. Les corps de ce soir étaient vraiment fascinants. Même si d’habitude je préfère les corps féminins, ce soir j’ai trouvé les corps masculins bien plus intéressants à travailler. C’est sûr et certains que je reviendrai l’an prochain. »

D’autres en ont retenu des leçons de travail et de motivation. C’est le cas de Dorine (23 ans), psychologue du travail qui était venue se libérer l’esprit le temps d’une soirée. « Sans faire de dessin, ce soir était l’occasion pour moi de s’initier grâce aux modèles. En me comparant à ceux qui dessinaient vraiment mieux que moi ce soir, je me suis rendu compte que c’était pas juste avoir un crayon et une feuille blanche mais réellement une technique. »

Quentin Denghien dessinant une statue au feutre – Photo : Manon DUFOUR

Au centre de ces couloirs jonchés d’artistes tous plus talentueux les uns que les autres, on peut retrouver les modèles, mais pas forcément nus ! C’est effectivement l’exception que constitue Macarena au milieu de ces corps dévêtus. Danseuse depuis de nombreuses années, cette Circassienne d’une vingtaine d’années opère des mouvements répétitifs dans une des ailes du premier étage. Son but est de se laisser porter par les mélodies de sa collègue Jeanne qui l’accompagne au violon, et de proposer 3 poses entre chaque séquences de mouvements plus rapides et rythmés pour les dessinateurs en herbe puissent s’y retrouver. Sur  »Waltz » de Brahms, son corps traduit la musique pendant une quinzaine de minutes avant de se reposer du fait des contraintes physiques évidentes. Les deux étudiantes de La Catho ont été mises en relation par leurs professeurs puis dirigées par Sylvie Acheré, plasticienne et conférencière travaillant au Palais des Beaux-Arts. Elle nous confie que ce travail liant mouvements, dessin et musique est nouveau pour elle. Néanmoins, elle a décidé de leur laisser une grande part de liberté dans leur représentation relativement courte. Le résultat final est une émotion envahissante et contribue à un souvenir impérissable de cette soirée.

Macaréna, accompagnée de Jeanne au violon – Photo : Manon Dufour
 »Le rêve d’être artiste » ou comment laisser son emprunte dans ce monde

Cette exposition est disponible au Palais des Beaux-Arts de Lille du 20/09/2019 au 06/01/2020 au premier sous-sol. Frida Kahlo nous disait « Je suis le sujet que je connais le mieux ». Fière d’être artiste et fière d’être mexicaine, elle le prouve avec The Frame de 1938. Vous pouvez retrouver ce genre de travaux inédits provenant de nombreux artistes éminemment reconnus partout autour de la planète.

Tout en désordre : Dali, Gauguin, Goya, Picasso, Warhol, Renoir, Banksy, Géricault, Manet, Aznavour (mêlant son fameux  »J’aurais aimé être un artiste » aux travaux d’un peintre), Niki de Saint Phalle, Chagall, Jeff Koons. Ce sont autant de noms qui se mélangent dans une même exposition et qui illustre l’immense diversité que peut apporter l’art.  »L’exposition raconte la construction d’un mythe, celui de l’artisan qui voulait être immortel ». L’art est une des seules preuves du passage de l’Homme sur notre planète. Cette exposition dénonce certains vices de notre société mais permet surtout de comprendre ce qui passe par la tête de nos artistes, peintres, plasticiens préférés lorsqu’ils décident de débuter une oeuvre.

Au cours d’un circuit de 6 thèmes principaux, le spectateur se perd pendant 30 minutes, 1 heure ou même plus dans le processus de création artistique qui peut parfois être sinueux. En allant de  »Je signe donc je suis ? » jusqu’à  »Autodérision ! », le public se rend compte des aspects controversés de l’art et de sa propre reconnaissance. Comment se faire accepter de ses pairs, quel public veut-on interpeller, veut-on réellement interpeller, choquer ou simplement attirer un regard ou un intérêt de la part du spectateur ? Dans cette exposition temporaire, c’était l’occasion de se confronter à tous ces sujets entre deux ou trois dessins de modèles du premier étage.

Photo : Manon DUFOUR

« Checkers » de Gilles BARBIER est une installation évolutive d’une sélection de ‘pions’ réalisés en résine, peinture à l’huile et autres accessoires. Cette oeuvre provient de la collection personnelle de l’artiste basé sur Paris. Plus précisément, certains de ses travaux sont conservés à la Courtesy Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois.


Mourad (21 ans) :

« Comme je ne connaissais pas le programme de ce soir, je suis venu vraiment par pure curiosité et surtout pour me laisser surprendre. »


Une soirée bien remplie

D’habitude ce sont 11 « parcours » différents qui sont proposés aux visiteurs du musée selon des thèmes variés allant de 30 à 90 minutes. Au cours de cette soirée spéciale, le public était libre de rester dans n’importe quelle salle, devant n’importe quelle oeuvre, et pouvait discuter d’art et d’émotions avec n’importe quels artistes présents. Ce soir-là à Lille c’est une passion pour l’art qui s’anime chaque année jusqu’à 23h, le musée et l’ensemble de l’organisation laissent un créneau assez important au public pour se laisser envahir de toutes formes d’émotions.


Néanmoins, sans devoir parler de raté, certains éléments restaient à améliorer selon quelques personnes interrogées. Au niveau du budget, les étudiants présents ce soir-là ont précisé que la gratuité restait exceptionnelle et qu’ils attendaient plus de la part de la mairie de Lille. Après une courte promesse sur la gratuité des transports pour les jeunes et/ou les étudiants, c’est Martine Aubry qui a été citée plusieurs fois afin de réduire au maximum les tarifs liés aux sorties culturelles. Le prix revenant souvent serait celui de 5€ par personne, c’est apparemment la somme que de nombreux étudiants ce soir-là seraient déterminés à ne pas dépasser


Mourad (21 ans), master  »Affaires européennes » à SciencePo Lille :

« Même si l’art s’est beaucoup démocratisé de manière générale, je trouve quand même que l’opéra ou le théâtre restent des lieux très élitistes. En allant à l’Institut du Monde Arabe il y a quelques temps j’ai trouvé ça dommage qu’il y ait aussi peu de vie culturelle et de renouvellement d’expositions à Lille. Le défi ce soir – et le but en général de l’art – est de diversifier le public et d’augmenter le nombre de personnes. Sur le plan de l’accessibilité à l’art on peut, et on se doit de toujours faire mieux. »


Du point de vue de la Mairie de Lille, l’organisation était un franc succès avec seul quelques problèmes d’attente à corriger. Ils affirment que dans la métropole Lilloise, les activités culturelles restent très abordables et diversifiées :

« Nous proposons au minimum 3 nocturnes gratuites « jeunes », par an, sur des formats similaires avec des activités variées. Le musée propose par ailleurs, une fois par mois, gratuitement pour les moins de 30 ans, les visites « envers du décor », qui permettent de découvrir le musée et ses collections à travers les yeux d’un professionnel du musée. Le tarif d’entrée, ainsi que les tarifs de la programmation des événements au Palais des Beaux-Arts est réduit pour les moins de 30 ans tout au long de l’année, et la carte « Pass PBA » est à 9€ pour les moins de 30 ans, et donne accès à toutes les expositions et les collections gratuitement pendant 1 an. […] Nous apportons un souci particulier à la diversité dans la programmation des événements (musiques actuelles, cultures urbaines, spectacle vivant…) afin de s’adresser à tous les publics, et notamment aux jeunes. »

Cette soirée est une occasion unique et peu habituelle de se familiariser à la vie Lilloise qui pullule de créativité et d’originalité. Que ce soit l’ambiance, l’architecture, les artistes, les leçons que l’on en tire : tout est enrichissant lors de cette soirée décalée. L’émerveillement était au rendez-vous comme les 255.000 visiteurs annuels de ce majestueux Palais des Beaux-Arts.

Constance (20 ans), deuxième année de faculté de chirurgie dentaire :

«  J’ai toujours voulu visiter les Beaux-Arts aussi donc c’était l’occasion sachant que je ne viens pas de Lille et que je ne fais pas fréquemment de sorties culturelles depuis que je suis arrivée il y a deux ans. »

REMI ENFON

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