Queer Gang : Le QG de toutes les causes

Alors que le débat sur la PMA et les “Manifs Pour Tous” sont encore frais dans les mémoires, un groupe de jeunes lillois et lilloises a décidé de constituer une association LGBTI+ au sein de l’Université-Lille 3. Leur objectif est d’aider et d’accompagner mais aussi de sensibiliser les étudiants – et le personnel des universités – de la vie avec la communauté LGBTI+. Cube est allé à leur rencontre et a assisté à une conférence sur le handicap et la non-binarité qui mène à des situations d’intersectionnalité pesantes.

Le Queer Gang est l’idée de plusieurs jeunes lillois et lilloises. Pour l’instant, l’association est composée d’une vingtaine d’adhérents et d’adhérentes, qui participent comme ils le peuvent à l’organisation du groupe. “C’est comme toute association, au début il y a des difficultés.”. Des problèmes d’ordre administratif mais aussi matériel, pour réserver des salles par exemple. Ils se sont d’abord réunis pour sensibiliser tout le monde sur le racisme, la non-binarité, l’handicap ou encore l’autisme. Il faut que chaque adhérent soit au courant des situations de chacun et donc apprendre ce qu’il ne faut pas dire et faire.

Réactifs et Actifs !

L’association a réparti les tâches en commissions pour essayer d’être la plus efficace possible. L’une d’elle a pour but de répondre aux messages sur les réseaux sociaux. Beaucoup de personnes LGBTI+ demandent par message privé de l’aide ou des conseils pour gérer leur situation. Tout le monde fait de son mieux pour leur apporter son soutien. 

Le Queer Gang n’en est qu’à ses débuts mais a déjà des idées plein la tête : “on essaie d’être aussi militants qu’actifs”. Ainsi, le premier événement organisé à Lille 3, par cette communauté, fut L’Antifa’show sur le Forum de la faculté. Une performance de drags lilloises, Jeanine Abus et Blue Poison. Leur production a été accompagné d’un message militant sur l’accès à la PMA et les manifestations contre le racisme et l’islamophobie. Plus localement, c’est aussi en réponse à des propos racistes tenus dans un journal satirique de l’Université Lille 2.

Le Queer Gang accompagné de Jeanine Abus et de Blue Poison sur le Forum de Lille 3 après l’Antifa’show – Photo : Queer Gang

L’association attend d’avoir des subventions pour pouvoir envisager des projets plus ambitieux. Elle voudrait réaliser des partenariats, notamment avec Solidaire.s. Mais des actions ont déjà été mises en place ! Une exposition a été réalisée dans le hall principal de Lille 3 pour la Transgender Day of Remembrance le 20 Novembre. Cette même semaine étant également celle dédiée au handicap, l’association a donné une série de conférences sur ce thème. Nous avons pu assister à celle de Nel, qui parle de sa condition en tant que personne LGBTI+ en situation de handicap.

Petit aperçu de l’exposition qui a eu lieu durant la Transgender Day of Remembrance – Photo : Matteo URRU

« Je ne suis pas handicapé e. Mais je suis dans une situation handicapante »

Panda, atteint.e du syndrome d’Ehlers Danlos

Nel est non-binaire et atteinte du syndrome d’Ehlers Danlos, une maladie orpheline et rare qui détériore à 80% les tissus conjonctifs qui protègent les organes. Nel est aussi bédéiste. Sous le nom de “Panda”, iel* a auto-publié “Les Galères d’un Panda : Médicalement parlant”. Panda souffre donc d’une maladie invisible qui est éprouvante au quotidien. Depuis le collège, iel subit une double discrimination (volontaire ou non) à l’égard de son genre et de sa maladie. Iel reçoit parfois des questions déplacées et du harcèlement qui peuvent venir de n’importe qui.

Cette année, iel a décidé d’arrêter ses études et de profiter de sa vie. Malgré l’aménagement de sa formation, les démarches administratives et le regard des gens l’ont épuisée. L’administration est un vrai frein. 8 étudiants sur 10, souffrant d’un handicap, ne continuent pas leur parcours universitaire en deuxième année. “Je ne suis pas handicapé. Mais je suis dans une situation handicapante.” Mais il n’y a pas que les démarches administratives. Il y a aussi un manque d’aide, d’installations, d’AVS… mais aussi de sensibilisation.

« “Harcèlement, parlez-en”. Oui, mais les professeurs nous disent qu’ils ne peuvent rien faire »

Pas simplement la sensibilisation des étudiants, qui ont parfois une vision très partielle des genres et des situations. L’éducation sexuelle est également insuffisante et peu inclusive pour les garçons comme pour les filles. Les enseignants, aussi, peuvent se sentir mal placés pour accompagner une personne qui subit du harcèlement et/ou qui souffre d’un handicap. « “Harcèlement, parlez-en”. Oui, mais les professeurs nous disent qu’ils ne peuvent rien faire”. Certains professeurs manquent parfois de tact pour justement discuter de ce genre de situation. Panda admet que ce n’est pas toujours conscient et qu’en plus, les professeurs n’ont pas toujours le temps pour s’informer. Cela peut mener à des comportements dangereux pour la stabilité morale de la personne.

Le Queer Gang a été créé pour répondre à cette problématique. Créer un “safe space” pour les jeunes LGBTI+ qui sont parfois perdus, désorientés et qui subissent du harcèlement. L’association invite tout le monde – étudiants et professeurs – à assister aux conférences ou heures de sensibilisation qu’elle pourrait organiser par la suite. Si vous voulez suivre leurs projets et pourquoi pas les accompagner, vous pouvez les retrouver sur Facebook.

* »iel » est un pronom non-binaire, non-genré, équivalent grammatical aux pronoms « il » ou « elle ».

MATTEO URRU

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