Star Wars IX : L’ascension de Skywalker, quel bilan pour Disney ?

Sorti dans les salles françaises le 18 décembre, le long-métrage de JJ. Abrams conclut la nouvelle trilogie Star Wars entamée par le réalisateur en 2015 et met un point final à la saga de George Lucas, qui fête cette année ses 42 ans.

Un nouveau rythme depuis le rachat

En 2012 la société de production Lucasfilm, à l’origine de Star Wars mais aussi d’Indiana Jones, est rachetée par The Walt Disney Company pour la somme de 4,05 milliards de dollars, une transaction historique suivie par l’annonce d’une nouvelle trilogie faisant suite à l’histoire debutée par George Lucas en 1977. Le travail est ardu pour Disney, qui doit alors apporter sa touche à une saga à la mythologie bien établie et protégée par les fans.

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Mickey Mouse en compagnie de George Lucas, le « papa » de Star Wars

C’est à Kathleen Kennedy, la nouvelle présidente de Lucasfilm, qu’incombe la tâche d’harmoniser et de promouvoir la vision de nouveaux scénaristes, auteurs et dessinateurs chargés de faire passer Star Wars à « l’ère Disney ». Ainsi l’univers est enrichi du travail du dessinateur américain Charles Soule avec sa série de comics Dark Vador le Seigneur Noir des Sith ou encore de l’écrivain Chuck Wendig avec son roman Star Wars Aftermath. Ces histoires, si elles sont annexes aux films, permettent d’approfondir la compréhension de l’éternel combat de la lumière, représentée par l’Alliance Rebelle et les chevaliers Jedi, contre l’obscur Empire galactique.

Une nouvelle trilogie qui divise

Si Le Réveil de la Force (2015), premier volet des aventures de Rey, Finn, Poe et BB-8, a su conquérir le public en jouant sur la nostalgie, notamment avec le retour d’Harrison Ford (Han Solo), de Carrie Fisher (Leia Organa) et de Mark Hamill (Luke Skywalker), le film de JJ. Abrams a également souffert de sa trop grande ressemblance scénaristique avec Un Nouvel Espoir (1977), le tout premier volet de la saga.

La suite, Les Derniers Jedi (2017), n’a fait qu’accentuer le clivage entre les fans : une pétition a même été lancée pour refaire le film, une partie du public s’étant sentie trahie par les choix scénaristiques osés du réalisateur Ryan Johnson. N’allant pas dans la direction attendue et fermant plus de portes qu’il n’en ouvre, cet épisode VIII, que l’on aime ou non, a mis Lucasfilm dans une position délicate : il s’agissait alors avec l’épisode IX de réconcilier les fans entre eux et avec la saga.

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Une saga qui ne cesse de s’agrandir, rassemblant les générations mais divisant les fans

Les enjeux de cet épisode final sont donc cruciaux : finir sur une note positive auprès de la critique et des fans et corriger les erreurs des deux films précédents, à l’image de La Revanche des Sith (2005) qui a su corriger les lacunes et critiques de la « prélogie » de George Lucas initiée en 1999.

L’ascension de Skywalker : un épisode final spectaculaire mais qui peine à convaincre

Si l’infâme Kylo Ren règne en maître sur la galaxie, ni lui ni la Résistance, se reformant autour du Général Leia Organa, n’ont pu prévoir le retour du maléfique empereur Palpatine, antagoniste principal des six premiers films. Il s’agit pour Rey, dernier espoir des Jedi, et ses amis Finn, Poe, BB-8 et C3-PO, d’empêcher que la galaxie ne sombre définitivement dans les ténèbres.

Un tel synopsis laisse une place prépondérante à l’action : on en prend plein les yeux du début à la fin, que ce soit au niveau des combats au sabre laser ou des batailles spatiales qui sont très réussies. Le film fait la part belle aux décors et aux effets spéciaux, plus réussis que jamais et qui immergent entièrement le spectateur dans l’univers du space opéra. Que ce soit au niveau de la musique, des costumes, des acteurs ou des références aux anciens films, voir même aux comics, romans et séries TV, ce nouveau Star Wars attire aussi bien les non-initiés que les fans de la première heure.

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L’ultime confrontation entre Rey (Daisy Ridley) et Kylo Ren (Adam Driver)

Cependant, si le dernier né de la franchise offre une bonne dose de divertissement, c’est semble-t-il au détriment de la cohérence, qui est la grande absente du film. En effet on constate très vite que JJ. Abrams renie en partie l’épisode VIII : son film semble vouloir corriger les choix scénaristiques critiqués de Ryan Johnson pour satisfaire les fans déçus, et ce au prix de la cohérence. Le film se retrouve donc à rouvrir sans subtilité des intrigues fermées par le VIII et à baser l’entièreté de son scénario dessus, démontrant le fait que cette trilogie n’a pas été planifiée en amont, devenant un champ de bataille cinématographique entre les points de vue des différents réalisateurs.

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Deux réalisateurs pour une même trilogie : JJ Abrams et Ryan Johnson

Cette hétérogénéité artistique au sein de la trilogie peut expliquer en partie les critiques négatives envers l’épisode final : seulement 57 % d’avis positif sur le site Rotten Tomatoes, de quoi mettre un coup d’arrêt à la saga au cinéma, du moins pour quelques années.

Quel avenir pour Star Wars ?

Qui dit épisode final dit fin de l’histoire, mais comme le dit le Jedi Anakin Skywalker dans l’épisode III, « c’est mal connaître mes nouveaux pouvoirs », ainsi l’avenir de la franchise ne se jouera peut-être plus uniquement sur le grand écran. En effet si la saga a déjà connu plusieurs adaptations en série d’animation avec The Clone Wars (2008-2020) et Rebels (2014-2018), c’est avec la nouvelle plateforme de streaming Disney + que la saga pourrait s’imposer comme une référence du petit écran.

Si les projets de long-métrage restent flous chez Lucasfilm, ce n’est pas le cas des projets de séries qui deviennent de plus en plus importants avec la parution depuis novembre 2019 aux États-Unis de The Mandalorian et l’annonce de la production d’une série sur Obi-Wan Kenobi, un personnage très apprécié par les fans.

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« L’Enfant », ou « bébé Yoda » pour les fans, l’un des protagonistes de Mandalorian

L’avenir de la plus grande saga de science fiction du cinéma se jouera-t-elle en dehors des salles obscures ? Reste à voir si la force sera avec Lucasfilm…

KEVIN CORBEL

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