La Note Internationale – Décembre 2019

Bien qu’étant publié sur Cube, ce nouveau rendez-vous vient vous parler de tout ce qu’il s’est passé sur le globe ce mois-ci. Ce résumé n’est ni exhaustif, ni dans l’ordre chronologique, mais vise à vous faire briller en vue des repas de fin d’années. Alors, pour tout savoir des principaux évènements internationaux, on commence avec le mois de décembre 2019, un mois ponctué par des rebondissements politiques, des révoltes populaires, et…le Brexit, évidemment !

Brexit : on y est presque…

Vous en avez marre du Brexit ? Moi aussi. Cependant, il semble qu’on puisse en voir le bout, avec la réélection triomphale de Boris Johnson, chef du parti conservateur, au poste de Premier ministre. Son projet, libéral mais excluant la possibilité d’une sortie de l’Union Européenne sans accord avait besoin d’une majorité absolue au Parlement, ce qu’il a obtenu ce 12 décembre, lors de l’élection anticipée voulue par Johnson lui-même dans le but d’avoir une majorité plus importante. Il a même obtenu 36 sièges au-delà de la majorité absolue, en raflant 361 sièges sur les 650. Qu’est-ce que cela change ? Il semble que le projet porté par le nouveau gouvernement ne puisse plus être freiné, avec une opposition affaiblie et la certitude d’obtenir l’accord de la Chambre des Communes. Rendez-vous donc le 31 janvier pour une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, le contour de l’accord prévu étant encore à préciser clairement.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, à Londres, le 17 décembre. Jessica TAYLOR / AFP
COP 25 : rien de nouveau sous le soleil

A Madrid, les dirigeants des 196 Etats reconnus par L’organisation des Nations Unies se sont retrouvés pendant deux semaines pour parler environnement, comme tous les ans. On peut mentionner des avancées, puisque 80 Etats, souvent insulaires (donc directement menacés par la montée des océans) ou Européens ont parlé d’une seule voix pour tenir les engagements des Accords de Paris. Ils tablent sur un réchauffement de la planète de 3,2°C, contre 2°C en 2015. Au-delà de ce petit point positif, aucun engagement ou accord majeur n’a été signé entre les Etats, d’autant que les principaux pays émetteurs, les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde se cantonnent à défendre leurs intérêts économiques, souvent en contradiction avec les normes environnementales.  

Je ne pouvais pas parler de la COP 25 sans mentionner le lieu initial prévu pour la réunion : le Chili. Partie d’une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale de Santiago, une crise sociale d’ampleur inédite a éclaté, faisant monter en généralité les problématiques d’un coût de la vie devenu trop cher, des inégalités criantes, et de l’inefficacité du personnel politique. Ainsi, la 25e conférence des Nations Unies sur le climat, prévue initialement au Chili, s’est tenue en Espagne. 

Quatre-cent-vingt morts contre la démission du gouvernement irakien

En Irak, après deux mois de manifestations populaire, le gouvernement d’Abel Abdel Mahdi a finalement démissionné, répondant à l’appel du grand Ayatollah, la plus haute autorité chiite du pays. Le peuple, protestant contre la corruption endémique du personnel politique du pays, paie sa volonté d’un Etat de droit au prix fort. Ce sont donc 420 personnes qui ont péri pour permettre le renouvellement du système politique.  

Etats-Unis : Donald Trump menacé d’impeachment ?

Tout a commencé par un petit coup de fil, le 25 juillet, entre Donald Trump en Volodymyr Zelensky, président ukrainien, le président américain félicitant son homologue pour sa victoire aux législatives. Cela est banal en diplomatie, mais cette fois-ci, Trump aurait « violé la constitution » selon Nancy Pelosi, speaker démocrate de la Chambre des Représentants. Quelle polémique Donald Trump a-t-il encore créée ? Il aurait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur son principal opposant, Joe Biden, candidat favori à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020. En fait, l’accusation est triple selon Marie-Cécile Naves, chercheuse à l’IRIS : d’une part, Trump aurait abusé de son pouvoir présidentiel en tentant d’enquêter sur son opposant. Ensuite, en demandant à un pays étranger d’enquêter sur un candidat à l’élection américaine, il met en danger la sécurité de l’Etat. Enfin, l’administration Trump est accusée « d’obstruction à la bonne marche de l’Etat », toujours selon la chercheuse, puisqu’elle aurait tenté d’empêcher le Congrès d’avoir accès aux éléments du dossier. 

Après avoir dit tout cela, Trump risque-t-il vraiment d’être destitué ? Il y a très peu de chances. Dans les faits, la chambre des Représentants à majorité Démocrate a voté en défaveur du président le 18 décembre, l’obligeant à passer devant le Sénat, qui le jugera pénalement. Ce n’est que la troisième fois dans l’histoire du pays que cela arrive, après Andrew Johnson et Bill Clinton. En revanche, la majorité Républicaine au Sénat permet à Trump une quasi-immunité. Il faudrait aux Démocrates 67 voix sur les 100 membres pour destituer le président, alors qu’ils n’en ont que 45. L’inconnue à cette équation, c’est la fidélité de l’intégralité des sénateurs républicains. On sait que Trump fait parfois grincer des dents au sein de sa majorité, mais il y a encore un écart entre ces divisions internes et le fait d’accorder à l’opposition une victoire, sans parler du mauvais coup de publicité si le premier président à être destitué est Républicain. Ainsi, ne nous attendons pas à un coup d’éclat. Les sénateurs républicains préfèrent garder le pouvoir avec un président potentiellement coupable pénalement, plutôt que d’offrir aux Démocrates l’avantage médiatique que lui fournirait la destitution. 

Le président Donald Trump et le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, à Washington, le 26 mars. Brendan SMIALOWSKI / AFP
Taxe GAFA : la guerre des egos continue

Après l’annonce du Président français Emmanuel Macron de taxer les principales entreprises du numérique à hauteur de 3% de leur chiffre d’affaires (presque exclusivement américaines) visant à pallier l’optimisation fiscale qui leur évite les impôts français, le président américain a rétorqué. Donald Trump menace de surtaxer les produits français à l’exportation, comme le champagne ou le roquefort. En réunion au sommet de l’OTAN à Londres, les deux dirigeants ont évoqué un « différend mineur. » Cependant, le Ministre de l’économie français Bruno Le Maire ne veut pas renoncer à la taxe, en attendant une taxe négociée à l’échelle mondiale par l’OCDE. 

Disparition du franc CFA, vestige de la « Francafrique »

C’est une annonce conjointe, le 21 décembre 2019, d’Alassane Dramane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire et d’Emmanuel Macron, chef d’Etat français, que de mettre fin au franc CFA. Instaurée en 1945 et utilisée par quatorze pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, la devise fait de plus en plus polémique puisqu’elle maintiendrait d’anciennes colonies africaines dans le giron de l’hexagone. On peut rappeler notamment que la monnaie est imprimée en France. En cela, Kako Nubukpo, économiste togolais, évoque un « moment historique. » Il appelle en revanche à rester « vigilant » quant à sa remplaçante, l’Eco, dont le cours romprait avec une parité fixe avec l’Euro mais dont on ne connait pas encore tous les contours.

Encore un attentat sur le London Bridge

Pour rappel, la capitale britannique a été victime d’un attentat le 29 novembre, faisant deux morts et trois blessés. Utilisant une arme blanche, le suspect, Usman Khan, est en fait un récidiviste, ayant été condamné à seize ans de prison pour terrorisme en 2012. Il avait été libéré au bout de six ans seulement. L’assaillant a été abattu par balle par les forces de l’ordre.

Les bonnes nouvelles 🙂

On termine ce tour du monde de l’actualité par les bonnes nouvelles du mois, car elles manquent quelque peu dans les médias. En l’occurrence, deux nouvelles m’ont redonné foi en l’humanité ce mois-ci.

Le 20 décembre, la cour suprême des Pays-Bas a définitivement condamné l’Etat pour « inaction climatique », après qu’un jugement de 2015 émis par un tribunal a accusé le pays une première fois. C’est inédit, car le pays est poussé par son propre droit à agir pour l’environnement. La procédure judiciaire, intentée par l’ONG Urgenda ainsi que 900 citoyens néerlandais, a déjà le mérite d’inspirer ses voisins, les Pays-Bas étant déjà un modèle concernant la protection de l’environnement en Europe. En France, vous en avez probablement entendu parler, « l’Affaire du Siècle » a recueilli plus de 2 millions de signatures.

On finit avec une petite avancée concernant l’égalité femme-homme. La Finlande a élu le 8 décembre comme chef de gouvernement une femme de 34ans, Sanna Marin. Provenant du parti socio-démocrate, Sanna Marin incarne à la fois un progrès pour l’égalité des genres, puisque de plus en plus de peuples donnent leur confiance à des femmes pour diriger leur pays, mais aussi d’un renouvellement de la classe politique, de par son jeune âge. 

Sanna Marin, nouvelle première ministre de la Finlande (Photo : SDP.)

MARTIN NOËL

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