La Note Internationale – janvier 2020

Pour le deuxième résumé mensuel de l’actualité internationale de Cube, une info retient particulièrement l’attention dans le monde : les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis. C’est pour cela qu’est initié ce mois-ci le « gros morceau », on met la focale sur une actualité de manière un peu plus développée. Pour le reste, on parlera notamment des désastreux incendies en Australie, du coronavirus et de l’acte final du Brexit.

Le gros morceau

Iran-USA : montrer les muscles, à quel prix ?

C’est peut-être l’événement international de l’année 2020, qui commence fort. Dans la nuit du 3 janvier, le général iranien Ghassem Soleimani, souvent considéré comme le numéro deux du pays, a été assassiné par une frappe américaine en Irak. Le pays de l’Oncle Sam se défend en évoquant qu’une « action d’envergure » contre « des dizaines, voire des centaines de vies américaines » se préparait du coté iranien. Ce bombardement survient trois jours après l’attaque de l’ambassade américaine à Bagdad par des manifestants pro-Iran.

Voilà pour les faits. L’information a abasourdi la communauté internationale, et suscité le courroux de la République Islamique d’Iran qui appelle à venger son martyr. La mort d’une figure majeure du régime de Téhéran, symbolique, résonne comme un avertissement que les Etats-Unis font à l’Iran quant à son implication dans les conflits au Moyen-Orient. En effet, l’Iran tente primo de s’imposer comme la principale force de la région, en s’engageant dans les bourbiers irakiens et syriens mais aussi en finançant les rebelles houthis au Yémen ou en combattant Israël. Secundo, les forces iraniennes s’opposent aux américains présents dans les zones de guerres en alimentant le sentiment anti-occidental, les accusant de s’occuper d’affaires qui ne les regardent pas.

Maintenant, à quelles conséquences devons-nous nous attendre ? Ce qui est sûr, c’est que la tension entre les deux pays va évoluer. La crainte la plus forte chez les experts en relations internationales est celle d’un nouveau conflit au Moyen-Orient impliquant les Etats-Unis. Objectivement, les actuels dirigeants de l’Iran et des Etats-Unis semblent agir impulsivement, aveuglés par leurs desseins. En effet, la vitesse à laquelle ont évolué les tensions entre les deux grands a été inattendue, puisqu’aux sanctions financières, Téhéran a répondu en attaquant des navires pétroliers américains dans le détroit d’Ormuz. Ensuite, du sang a coulé lors de raids américains contre des bases pro-Iran, provoquant la colère des irakiens qui ont attaqué l’ambassade américaine.

Si des négociations sont a priori compromises entre les deux Etats, on ne peut pas se plier au fatalisme de la guerre, l’Organisation des Nations Unies ayant encore son rôle à jouer, il en va de la paix globale. Sur internet, l’évocation d’une potentielle troisième guerre mondiale a surgie, crainte par de nombreuses personnes. Relativisons tout de même, le multilatéralisme et le tissu des relations internationales ne sont pas encore mortes, l’ONU permettant un dialogue inter-étatique constant.

Australie : l’Etat-continent qui part en fumée

Depuis le mois de septembre, le pays-continent fait face à une sécheresse extrême ayant engendré des feux de forêt d’ampleur inouïe. Les chiffres seront plus parlant que des mots : 10 millions d’hectares brûlés, 2000 maisons détruites, 1 milliard d’animaux tués dont 24 personnes. Au-delà de ces chiffres alarmants, il va sans dire que le nuage de dioxyde de carbone engendré par les feux accentue davantage la pollution de l’air. Sydney a d’ailleurs été pendant un temps la ville la plus polluée du monde, avec des taux de microparticules trois fois supérieurs à celles présentes à Paris.

Nous sommes fin janvier, les principaux feux sont maîtrisés dont le fameux « méga-feu » en Nouvelle-Galles du Sud, et la pluie est enfin tombée abondamment. Cependant, il est à présent souhaitable de se demander pourquoi l’Australie a connu un tel désastre. Une partie de la réponse tient au pilier de l’économie australienne : le charbon. Au-delà de sa propre consommation presque-exclusivement tournée vers l’énergie fossile, le pays est le premier exportateur de houille. Et face au désastre des feux de forêt provoqués par le réchauffement climatique, le Premier ministre Scott Morrison n’a pas infléchi sa stratégie économique. Il apparaît tout de même que la situation ne va pas pouvoir perdurer longtemps, de nouveaux feux d’un ampleur égale voire supérieure menaçant de s’embraser.

Un kangourou échappant aux flammes. Matthew Habbott, New York Times.

Coronavirus : inconnu il y a un mois, aujourd’hui dans toutes les bouches 

En ce fin de mois de janvier, on ne fait que de parler de cela. Un virus d’origine chinoise répondant au doux nom de Coronavirus s’étend au point que l’on parle d’une pandémie. Tout d’abord, cette épidémie engendre généralement une pneumonie, et c’est ce qui la rend dangereuse.

Passons aux chiffres. Dans la province de Hubei où s’est développée la maladie, deux-cent-treize personnes sont d’ores et déjà décédées. Dans toute la Chine, presque 10 000 cas d’infections sont actuellement recensés. Au 31 janvier, ce sont vingt-et-un pays qui couvent la maladie sur leur sol, dont la France où six cas ont été confirmés par la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

En conséquence, la Chine a décidé de suspendre les voyages entrant ou sortant du pays et de mettre en quarantaine la quasi-totalité du Hubei, 56 millions d’habitants. Par ailleurs, un effort médical est indispensable dans le pays. C’est pour cela que plus de 450 médecins et personnels médicaux de l’Armée populaire de libération ont été appelés en renfort dans la province, Xi Jinping qualifiant lui-même la situation de « grave. »

L’origine de la propagation du virus n’est pas encore formellement connue, mais plusieurs pistes sont abordées. On parle ici d’une seule variante du coronavirus : le 2019-nCoV. Ce qui est avéré est que les premiers cas d’infections s’étaient presque tous rendus au marché de Wuhan, les autorités privilégient donc la piste de la transmission animale.

Intervention turque en Libye : une guerre par procuration ?

Revenir sur le chaos libyen en quelques lignes serait digne d’une mission impossible, j’en laisse donc la tâche aux experts. Cependant pour faire extrêmement simple, en 2019 le pouvoir est disputé entre l’exécutif reconnu par l’ONU, le Gouvernement d’Accord National emmené par Fayez el-Sarraj, et un maréchal dissident, Khalifa Haftar qui a d’ores et déjà conquis une bonne partie du territoire Libyen.

Sur la scène internationale, Haftar reçoit le soutien affiché de l’Egypte, des Emirats Arabes Unis, et de la Russie. La France entretient une position ambigüe puisqu’elle ne le soutient pas officiellement, mais considère qu’il faut négocier avec le maréchal pour envisager tout issue au conflit. El-Sarraj est quant à lui soutenu par la communauté internationale, notamment la Turquie.

Cela nous amène à la situation actuelle. La Turquie, en considérant l’imminence de l’attaque d’Haftar contre le Gouvernement d’Accord National, a décidé d’envoyer des troupes pour soutenir Sarraj. Recep Tayyip Erdogan a même précisé que l’intervention pourrait avoir lieu « au sol, sur mer et dans les airs si nécessaire. » Cela a immédiatement inquiété la communauté internationale, dont les Etats-Unis puisque Donald Trump estime qu’une « ingérence étrangère » de plus en Libye compliquerait une situation déjà apocalyptique. Ce à quoi on assiste s’appelle une guerre par procuration, la Russie et la Turquie réglant leurs comptes à travers la Libye en soutenant deux parties opposées. Espérons que cela sera de courte durée puisque dans ces conflits, ce sont systématiquement les populations qui en paient les frais.

Les différentes forces en présence en Libye et leur avancement, AFP

Prince Harry et Meghan : thank you but no thank you

Coup de tonnerre à Buckingham. Le prince Harry, quatrième au rang de succession de la couronne Britannique, a annoncé le 8 janvier avec son épouse Meghan Markle vouloir renoncer à leurs principaux engagements publics et « à devenir financièrement indépendants. » Concrètement, le couple souhaite stopper de représenter la couronne aux évènements publics et travailler, signifiant qu’ils ne recevront plus d’argent de l’Etat.

Mais pourquoi une telle décision ? Le couple se justifie par le caractère anxiogène de la couverture médiatique dont il fait l’objet, notamment celui des tabloïds. Après la plainte déposée contre le Daily Mail, Meghan et Harry sont passés à la vitesse supérieure en faisant en sorte de ne plus être médiatisés. Ils ont par ailleurs décidé de passer une partie de leur temps « en Amérique du Nord. »

Le prince Harry et son épouse Meghan Markle, Facundo Arrizabalaga/ EPA.

Brexit : acte final

Comme il était attendu depuis la large réélection du conservateur Boris Johnson à la tête du Royaume-Uni, la Chambre des Communes a adopté l’accord final de sortie du pays de l’Union Européenne. Concrètement, les britanniques quitteront bel et bien l’association politico-économique le 31 janvier à minuit, heure française, mettant un terme à trois ans et demi de chaos politique et d’incertitude dans le pays.  

Cependant, fatale erreur si vous pensiez ne plus entendre parler du divorce entre l’UE et le Royaume-Uni. Le Brexit ne fait qu’en négocier les grandes lignes, s’en suivront donc plusieurs mois, voire années de négociations pour savoir ce qu’attendent les deux parties des futures relations qu’ils entretiendront.

Une période de transition d’un an est même prévue. Les Britanniques continueront donc de suivre les règles européennes en attendant que les accords, notamment de libre-échange et de sécurité, soient déterminés. Boris Johnson a dans ce sens affiché son ambition de commencer les négociations « dès que possible. »

Manifestation anti-Brexit, Franck Augstein/ AP Photo.

MARTIN NOËL

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