Pierre Buissart (SE) : « Ce n’est pas la politique qui me changera, c’est moi qui changerai la politique »

La France entre en ce début de décennie au cœur de la campagne électorale en vue du scrutin municipal de mars 2020. A cette occasion, les rédacteurs de CUBE sont partis pour vous à la rencontre des principaux candidats à la mairie de Lille. L’objectif : vous aider à y voir plus clair dans leurs programmes pour faire votre choix. Cinquième prétendant au beffroi à se soumettre à l’exercice : Pierre Buissart, candidat sans étiquette.

S’il s’agit de sa première candidature, Pierre Buissart n’est pas étranger au monde du politique. Longtemps affilié aux Républicains, il a aujourd’hui décidé de faire campagne seul, indépendamment de tout parti politique. Après avoir publié un livre de philosophie des sciences Je suis ici et ailleurs, en 2019, il part maintenant à l’attaque de la mairie de Lille. Ambitieux, il affirme ainsi que « ce n’est pas la politique qui me changera, c’est moi qui changerai la politique ». Le candidat a accepté de répondre à nos questions dans un café du centre-ville.

Pourquoi proposez-vous votre candidature pour la mairie de Lille et quelle est votre ligne politique ?

Source : Compte Twitter de Pierre Buissart

Écrire ce livre a été une véritable chance. Je crois énormément au destin, je le démontre justement dans le texte. Il était donc naturel pour moi de m’engager en politique dans ma ville de cœur, et je l’espère à l’échelle nationale dans le futur.

Je suis un Républicain, je suis adhérent aux Républicains, mais j’ai un logiciel économique qui n’a rien à voir : je suis très libéral. Un libéral abouti, ce qui ne m’empêche pas d’avoir une grande ambition sociale. C’est pour ça que je suis Républicain sur les valeurs, par exemple la valeur du travail, mais mon programme économique diffère.

Pourquoi

…un étudiant devrait voter pour vous ?

« Je veux proposer à la jeunesse lilloise autre chose que le RSA »

J’aimerais leur dire de poursuivre leurs rêves, de s’engager, de créer leur entreprise, de vivre tout simplement. Au niveau de l’intérêt électoral, je ne suis pas là pour accueillir les gens par rapport à leurs intérêts, je veux aussi viser leurs idéaux. Donc, que puis-je encore apporter à la jeunesse ? Le goût de l’effort, du travail, l’envie d’être autonome. Être maire, ce n’est pas seulement des arrêtés, des règlements, des décisions… C’est aussi un exemple moral.

…un actif devrait voter pour vous ?

« Je suis pour une gestion saine de l’argent public »

Je valorise le travail, je suis quelqu’un qui travaille énormément, on ne peut pas me le reprocher, que ce soit pour cette campagne ou pour mon livre. De plus, je suis pour la baisse des impôts, pour une réduction de la taxe d’habitation et pour la baisse de la taxe foncière sur le bâti, qui a explosé en 2015.

En effet, je suis pour une gestion saine de l’argent public. L’un de mes objectifs est de redonner du pouvoir d’achat aux Lillois mais surtout de la liberté. En baissant la dépense publique, on peut baisser les impôts. Je suis également pour la gratuité des transports publics et du stationnement à titre expérimental.

En résumé, je suis vraiment pour diminuer l’impact de la commune sur la vie des Lillois. Je considère que l’un des plus grands acquis, le vœu le plus cher des gens, c’est d’être libre. Par exemple, je ne suis absolument pas d’accord avec le fait d’installer de la vidéosurveillance partout dans Lille.

… un retraité devrait voter pour vous ?

Je veux que mes électeurs votent pour une conception de l’intérêt général. Je ne suis pas un clientéliste, je ne suis pas là pour distribuer l’argent public mais pour m’adresser à des gens qui souhaitent le bonheur des autres. Les retraités ne se demandent pas toujours ce qui serait intéressant pour eux, mais plutôt pour tous, notamment les jeunes. Ce n’est pas de mon pouvoir d’augmenter les retraites ou les pensions. Je veux aider ceux qui sont en difficulté. Les gens qui ont réussi dans la vie n’attendent rien de moi.

Source : Profil Facebook de Pierre Buissart.

Comment aborderiez-vous la question environnementale au sein de la ville ?

Je ne veux pas faire croire aux lillois que le problème du réchauffement climatique se réglera à l’échelle de la ville. Selon moi, la question environnementale est mondiale. […] Je ne veux pas qu’on culpabilise le smicard d’utiliser sa mobylette. Pour Lille, je propose la gratuité des transports publics et les opérations « ville propre ». Je voudrais conditionner certaines aides sociales pour des jeunes en capacité de travailler qui n’ont pas de formation et pas d’emploi à quelques heures de service d’intérêt communal.

Il y a d’autres mesures comme l’augmentation du nombre de poubelles en ville, mais je ne veux pas faire croire aux Lillois que le problème du réchauffement climatique se réglera à l’échelle de la ville. Une politique mondiale est nécessaire.

« On commence à faire de l’écologie quand on a déjà assuré ses arrières »

On réclame plus d’espaces verts en ville mais il y a des jeunes qui ont envie de travailler, qui ont besoin de mobilité. Des réformes comme la piétonnisation du centre-ville s’adresse à ceux déjà installés dans la vie, qui aimeraient se promener avec leurs enfants le week-end, mais on ne peut pas penser qu’à eux. Je pense aussi aux jeunes qui ont envie de s’insérer dans la société.

Je veux faire de l’écologie. La gratuité des transports publics va dans ce sens : cela va désengorger le centre-ville, donc moins de voitures et moins de pollution, mais je ne veux pas non plus tomber dans l’obsession environnementale. […] On commence à faire de l’écologie quand on a déjà assuré ses arrières. Je ne dis pas que ce n’est pas important mais je considère qu’il ne faut pas focaliser l’attention exclusivement là-dessus.

Une mesure à retenir ?

Je préfère un programme simple avec des objectifs simples, quelques réformes – car on ne va pas tout révolutionner non plus – la baisse des impôts, la gratuité des transports publics, la gratuité du stationnement à titre expérimental.

« La question des sans-abris est primordiale pour moi »

Une autre grande mesure serait la maison de l’exclusion sociale pour les sans-abris. Je parle beaucoup aux sans-abris, dans les centres sociaux ils craignent pour leur sécurité, ils n’ont pas envie de finir drogués ou alcooliques. J’aimerais m’investir à fond sur cette maison, créer de petites chambres individuelles pour les inciter à venir facilement dans ces centres. La question des sans-abris est primordiale pour moi.

En revanche, je suis contre l’assistanat, et je considère que la ville de Lille en est le parfait exemple. Un militant socialiste m’avait dit « n’allez pas à Lille Sud, ils n’abandonneront jamais Martine Aubry ». Cela ne sert pas la candidate, c’est une preuve qu’ils sont drogués à la subvention. Pour ma part, je préfère largement « désubventionner » en partie certaines associations, et qu’ensuite les gens choisissent où ils placent leur argent. C’est un principe de démocratie économique.

LISA PILLAUD et KEVIN CORBEL

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