La « voix des témoins », une exposition pour ne jamais oublier la Shoah

75 ans après la libération du camp Auschwitz-Birkenau, le Mémorial de la Shoah à Paris propose,  jusqu’au 3 janvier 2021, l’exposition « La voix des témoins »  où les survivants des camps de la mort témoignent au sein d’espaces sonores de l’extermination des 6 millions de juifs victimes de la barbarie.

Cette exposition n’est certes pas la première sur ce thème au fil des années et il existe de nombreux témoignages sur d’innombrables supports, mais la question de la disparition des témoins devient inévitable. La plupart des rescapés encore en vie ont en moyenne entre 85 et 95 ans. Les exposants souhaitent que la voix des survivants continue à tout jamais de résonner et de témoigner au-delà de leurs vivants.

« Ecouter un témoin, c’est le devenir à son tour »

Conformément à cette maxime dElie Wiesel, ils espèrent également que les générations futures s’empareront de cet héritage immatériel. Et qu’ils continueront de faire vivre la mémoire collective pour que personne n’oublie.

Trois portraits XXL des survivants des camps de la mort : Simone VEIL, Marceline ROSENBERG et Imre KERSTEZ. Photo: Julie BENMOUSSA

Sept témoignages uniques et les portraits géants de ces figures emblématiques que sont Simone Veil, Marceline Rosenberg ou encore Primo Levi rythment l’exposition.

Sous leurs yeux leurs paroles et témoignages, diffusés au sein d’espaces sonores, nous saisissent. Glacés, nous sommes plongés dans le quotidien des camps de la mort comme lorsque Marceline Rosenberg devenue Marceline Loridan-Ivens nous raconte son histoire.

“ Tu es jeune Marceline, tu t’en sortiras”

En 1944, transférée à Birkenau dans le convoi 71, son père lui fait part de sa prophétie “ Tu es jeune Marceline, tu t’en sortiras”. Là-bas, elle devient le matricule 78750 et l’amie de Simone Veil. En novembre 1944, suite à l’évacuation d’Auschwitz, elle est transférée dans divers camps de concentration comme Bergen-Belsen ou encore Theresienstadt.

Lors de son dernier transfert, elle sort vivante d’un fourgon rempli de cadavres morts du typhus, malheureusement son père lui ne reviendra pas.

Autour de cette exposition, un dispositif chronologique est mis en place pour comprendre l’évolution et la variété des témoignages au fil des années. De nombreuses explications d’historiens et de journalistes ornent les murs aux côtés d’affiches de films tel que « Le pianiste », mais également de livres comme « Retour à Birkenau » de Ginette Kolinka.

Enfin, dans la dernière partie, le thème de l’héritage est central. En effet, les historiens se sont intéressés à la façon dont les nouvelles générations se sont appropriées, ont compris et transmis ces témoignages.

Une bibliothèque libre d’accès orne les murs, elle est composée de divers essais et livres qui retracent l’histoire de la Shoah. A côté de celle-ci se trouvent de nouveaux témoignages de jeunes adultes qui expliquent comment ils sont touchés par cette partie de l’Histoire.

Une exposition poignante, interactive et moderne qui retrace l’Histoire à travers la parole de ceux qui l’ont vécue, et ceux qui la visitent. Janelle, 18 ans, nous confie : « Je suis sortie d’ici sans voix ».

JULIE BENMOUSSA (à Paris)

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Nana Coubo dit :

    Une expo que je dois aller voir ! Merci pour cet article intéressant !

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