Généalogie : sur les traces de son passé

Les jours passent et se ressemblent. Le confinement se prolonge, la morosité et l’ennui s’installent. Pour ne pas voir le temps passer pourquoi ne pas réaliser son arbre généalogique ? Avec la numérisation des archives, il est possible de chercher ses ancêtres en quelques clics sur les sites des archives départementales. Cube vous explique comment devenir apprenti enquêteur…

Des recherches accessibles à tous

Une vaste campagne de numérisation lancée dans les années 90 rend accessible des millions de documents administratifs aux internautes sans se déplacer dans les centres d’archives. Dans le cadre de la généalogie, les documents les plus importants sont les registres d’état civil. Ils disposent de beaucoup d’informations dont la date et lieu de naissance de l’individu mais également l’âge des parents. A défaut de l’état civil, vous pouvez consulter les actes de mariages qui donneront des informations similaires. Autre document pertinent : les matricules militaires. Avant 1997, tous les hommes généralement à  20 ans devaient faire leur classe. Une fiche de soldat lui était donc attribuée. Dans celle-ci, on trouve notamment une description physique assez sommaire mais qui comblera l’imagination de l’apprenti enquêteur. Avec de la patience, vous pouvez également éplucher le recensement de la ville de votre ancêtre pour savoir son lieu d’habitation.

Rubrique du « signalement » sur la fiche matricule d’un soldat en 1866 – Photo : Archives départementales de Seine Maritime

Des documents plus insolites peuvent vous intéresser comme les contenus juridiques. Un ancêtre a très bien pu être arrêté pour une raison quelconque ou même condamné. En 2018, le site des archives nationales de l’outre-mer a ainsi publié les dossiers individuels des condamnés au bagne en Nouvelle Calédonie et en Guyane. On y trouve la raison de sa peine, ses précédentes arrestations, son statut ou sa profession. 

Dans la rubrique « renseignements », les anciennes condamnations d’un bagnard – Photo : Archives Nationales d’outre-mer

Des sites de généalogies disposent également d’une grande base de données qui répertorient de nombreux documents. De plus, certains utilisateurs mettent à disposition leur arbre généalogique pour partager leurs recherches. Enfin, si vous voulez connaître la renommée de vos ancêtres dans la presse, vous pouvez consulter le site Rétronews en tapant un nom de famille dans la barre de recherche. Il existe bien d’autres sources d’informations que vous pouvez découvrir au fur et à mesure de votre enquête.

Comment s’y prendre ?

Mais dans ce vaste flot de papiers, comment rechercher un ancêtre ? Il est primordial de discuter avec son entourage sur sa filiation proche : ses grands-parents sur leurs parents, leur lieu de naissance, de mariage, les décès, etc. C’est l’occasion d’un petit appel téléphonique. Avec cette première étape, on arrive dans la majorité des cas à éviter les restrictions aux archives. En vertu du respect de la vie privée, un délai en moyenne de 100 ans est nécessaire avant leur communication. Ainsi, il a fallu attendre 2014 pour accéder aux archives des poilus. Après avoir accumulé des recherches sur ses parents, grands-parents et arrières-grands-parents, les véritables recherches commencent donc obligatoirement en 1920. A partir de là, tout est assez simple. Si le but de la recherche est de remonter le plus possible dans l’arbre généalogique, il faut se focaliser sur la lignée directe. La natalité était beaucoup plus forte au début du XXème et au XIXème siècle. On peut donc très vite se perdre dans toutes les ramifications. Pour faciliter la tâche et garder un objectif, de nombreux sites internet disposent de logiciels pour créer son arbre généalogique comme Geneanet.

Un exemple fictif pour expliquer le processus. Admettons qu’il s’agisse de votre arrière grand-père. Vous savez qu’il est né en 1890 selon le registre d’état civil de votre grand-mère. Elle est originaire de Lille. Vous déduisez que le père le soit également. Vous vous rendez donc sur le site des archives départementales du Nord puis, vous trouvez le registre d’état civil de Lille correspondant à 1890. Si il y est bien né, seront indiqués sa date de naissance complète, les noms de ses parents et des témoins. C’est la méthode la plus simple pour suivre la ligne directe et remonter facilement jusqu’à la Révolution. Arrivé à l’ancien régime, il faudra consulter les registres paroissiaux, épargnés par les sans-culottes.

D’autre part si votre famille a immigré en France il y a de cela plusieurs générations, vous devrez consulter les archives du pays d’origine. Normalement, les processus de numérisation sont en cours dans beaucoup de pays. Les recherches fonctionnent sur le même principe énoncé plus haut. Pour des ancêtres italiens par exemple, Antenati dispose de nombreuses archives en ligne. Cependant, il sera difficile de chercher au-delà de l’unification tardive de l’Italie en 1870.

Dans tous les cas, les recherches seront parfois fructueuses mais aussi décevantes. Dans ce jeu de pistes, garder patience est essentiel face à des aïeux qui révèlent difficilement leurs mystères.

A travers votre famille, redécouvrir l’Histoire

Le passé familial de chacun renvoie à la grande Histoire. Elle ne s’est pas faite sans des hommes. Ainsi, peut-être dans votre arbre se bousculent un poilu, un hussard napoléonien, un paysan ou un aristocrate. Au fil des consultations d’état civil aux signatures parfois maladroites se développe progressivement l’instruction. Plus on s’enfonce dans le passé et plus les recherches se compliquent et se mêlent à un imaginaire historique. A titre d’exemple, au début du XIXème siècle, le calendrier républicain créé pendant la Révolution Française est encore en vigueur. Or, il diffère de notre calendrier grégorien. Il faudra donc se familiariser avec Brumaire, Vendémiaire ou encore Thermidor pour continuer les recherches jusqu’à la Révolution. L’histoire de nos ancêtres permet de redécouvrir l’histoire de France. C’est un exemple concret d’une étude sociologique et démographique. Les recherches mettent en évidence des phénomènes d’endogamie et d’homogamie sociale. En d’autre termes, une majorité de familles ont vécu dans un espace géographique réduit où on se mariait entre personnes de même niveau social.

Extrait d’un registre d’état civil sous le calendrier républicain : « Aujourd’hui le 12 Germinal au huit de la République française » soit le 2 avril 1800 / Archives départementales de Seine-Maritime

La généalogie apporte son lot de surprises. Avez-vous un ancêtre commun avec une célébrité ou un grand personnage de l’histoire de France ou d’ailleurs ? Les découvertes peuvent être réjouissantes comme laisser perplexe, descendre d’un tueur en série ou d’une figure historique controversée peut laisser pantois. De même, des secrets de famille comme des adoptions ou des abandons peuvent remettre en question toute votre filiation. La généalogie a un véritable intérêt. Pour beaucoup, elle complète une pièce du puzzle de leur identité. En feuilletant les pages d’un état civil, on redonne vie un court instant à de vieux ancêtres. Leur histoire nous constitue. Peut-être doit-on connaître son passé pour mieux aller de l’avant ?

FLORA GRANCHETTE

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Yvon Lauzon dit :

    Bonjour madame Granchette, j’ai été surpris et flatté que vous ayez choisi la photo de mes ancetres Lauzon, de Ste-anne des plaines (Québec)(article du 3 mai 2020). Le passé de nos ancetres aussi modeste soit-il, trace notre route. Bel activité en ce temps de pandémie. Salutations! Yvon Lauzon

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  2. Pierre Lagacé dit :

    Bonjour Flora,

    Mon ami Yvon Lauzon est fier de voir de ses ancêtres sur votre blogue.

    Pierre

    Aimé par 1 personne

  3. lison536 dit :

    C’est intéressant pour aller au-delà de nos ancêtres venus d’Europe et particulièrement de France. Avez-vous une adresse pour se rendre directement sur le site?

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  4. Flora Granchette dit :

    Bonjour,

    Vous pouvez vous rendre sur le site du Ministère de la culture : http://www.culture.fr/Genealogie et taper un nom de famille dans la barre de recherche. Vous pouvez également trouver des documents administratives numérisés sur les différents sites des archives départementales.

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