Jojo’s Bizarre Adventure : quand un classique réinvente les codes du manga

Pour s’occuper en ces temps troublés, CUBE vous propose de (re)découvrir des œuvres qui vous aideront à trouver les journées moins longues. C’est Jojo’s Bizarre Adventure qui est aujourd’hui mis à l’honneur, un manga qui, comme un bon vin, se bonifie avec le temps.

Publié dans le Weekly Shōnen Jump au Japon entre 1987 et 2005 puis dans l’Ultra Jump jusqu’à aujourd’hui, Jojo’s Bizarre Adventure a connu un relent de popularité depuis 2012, avec le début de la diffusion de la série animée adaptant l’œuvre d’Hirohiko Araki.

Le Weekly Shōnen Jump est un magazine japonais de prépublication de mangas destinés aux adolescents. L’hebdomadaire est connu pour des séries comme One Piece, Dragon Ball ou Naruto.

Un manga qui varie les genres

L’œuvre, découpée en plusieurs parties, nous raconte l’histoire de la famille Joestar, issue de l’aristocratie anglaise, qui lutte au fil des époques contre la malédiction qui touche ses membres, représentée par la figure du maléfique Dio. On retrouve à chaque fois un Joestar différent dans une époque différente, de l’Angleterre victorienne au Japon d’aujourd’hui, en passant par le New York des années 1920 ou l’Italie des années 2000.

Bien qu’appartenant à la même œuvre, chaque partie peut s’appréhender indépendamment des autres. On retrouve ainsi des histoires très hétérogènes, s’inspirant de plusieurs genres cinématographiques : le film d’horreur, d’aventure, le « road movie », le film de mafia ou encore le thriller. On peut ainsi passer d’une histoire de vampires au 19e siècle à une enquête policière dans les années 1990, montrant à quel point le mangaka sait varier les genres.

Des inspirations diverses

Si les références au monde du cinéma ne touchent que la structure générale de l’œuvre, celles à la musique font partie intégrante de l’univers de Jojo’s, que ce soit le nom des personnages ou leur apparence. Des personnages comme Caesar Zeppeli (Led Zeppelin), Esidisi (AC/DC) ou encore Jean-Pierre Polnareff (Michel Polnareff) permettent de se rendre compte de l’influence qu’ont pu avoir les groupes pop/rock sur l’auteur.

L’apparence de Yoshikage Kira, l’un des antagonistes, est inspiré de celle du chanteur David Bowie.

Mais les inspirations ne s’arrêtent pas là : le mangaka est également un grand amateur de mode, notamment de haute couture, expliquant ainsi l’apparence parfois insolite des personnages. Cette passion se retrouve sur certaines illustrations des protagonistes du manga, qui copient des poses de mannequins de magasines de mode.

Cet attrait pour la mode a par ailleurs donné naissance à une collaboration entre Hirohiko Araki et la marque Gucci, les illustrations du mangaka décorant les vitrines de la marque italienne en 2013.

Jolyne, protagoniste principale de la 6e partie du manga, représentée ici en égérie de Gucci.

Une reconnaissance artistique internationale

C’est au musée Louvre que Jojo’s Bizarre Adventure obtient ses lettres de noblesse en étant représenté au sein de l’exposition « Le Louvre invite la bande dessinée » sous la forme d’une centaine de planches couleurs inédites. Cet événement permet d’introniser l’œuvre d’Araki non plus seulement au panthéon de la bande dessinée mais aussi dans l’univers de l’art contemporain.

Hirohiko Araki posant à côté de ses illustrations au Louvre. (Photo : Le Point)

Récemment, le mangaka a été sélectionné par le comité des Jeux olympiques de Tokyo, avec d’autres dessinateurs dans le monde, comme illustrateur officiel des affiches de l’évènement.

Un élan de popularité récent

Si le manga, déjà très populaire, semble avoir conquit un nouveau public, c’est grâce à son adaptation animée par le studio David production depuis 2012, permettant de faire découvrir l’œuvre à une génération plus connectée, participant ainsi à la naissance d’une web culture autour de Jojo’s. En effet les scènes burlesques du manga sont parodiées dans de nombreux « memes » sur internet (comme le fameux « To be continued ») et les fans s’amusent à reproduire les « Jojo’s pose » : les postures insolites que peuvent prendre les personnages.

Masahiro Sakurai, auteur du jeu Super Smash Bros, en train d’effectuer une Jojo’s pose.

Jojo’s Bizarre Adventure s’impose comme un ovni dans l’univers du manga, un chef d’œuvre qui a fait ses preuves et dont l’originalité nous fait presque oublier qu’il a déjà plus de 30 ans. Les trois premières parties sont disponibles sur Netflix et les cinq premières disponibles gratuitement sur ADN (Anime Digital Network).

KEVIN CORBEL

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