Survivant.e.s du harcèlement scolaire : des séquelles marquées à l’indélébile

Le harcèlement scolaire fait chaque année des milliers de victimes : isolement, troubles du comportement alimentaire, décrochage scolaire et envies suicidaires, nombreuses sont les conséquences de ces années d’acharnement entre élèves. Le harcèlement scolaire, elles l’ont toutes vécues. Violences physiques ou psychologiques, manipulations ou brimades, bousculades ou coups, leur scolarité a été marquée par cette haine des autres. Pour CUBE, quatre survivantes de harcèlement scolaire ont accepté de revenir sur leur vécu, de parler d’elles et de se confier sur les séquelles marquées à l’indélébile qu’elles gardent de ces périodes de harcèlement. Rencontre avec Charlotte, Magali, Lilou et Angèle. Illustration : © Shutterstock / GagliardiImages

WArning : Cet article est nourri de témoignages de harcèlement scolaire dans lequel des sujets pouvant heurter, tels que l’automutilation, les troubles du comportement alimentaire & le suicide, sont abordés. VEILLEZ À VOTRE SÉCURITÉ & dirigez-vous vers des professionnel.le.s en cas de détresse.

Chaque année, c’est la même chose : la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire arrive, accompagnée des discours sur l’inclusion et la différence. Avec cette journée, c’est un sentiment amer qui prend place chez les survivant.e.s de harcèlement scolaire : une pensée va pour les victimes cachées, une autre à celles qui s’en sont sorties et une dernière aussi à celles qui ont succombé à ce harcèlement. Pour Lilou, cette journée est reçue en demi-teinte : “sur le principe c’est une très bonne idée mais je ne suis pas sûre que mettre une journée et coller un nom dessus pour faire de la sensibilisation en disant juste “voilà ça existe” que ça va faire bouger les choses. Faudrait vraiment des mesures plus concrètes parce que tout le monde à l’école sait que le harcèlement c’est mal mais beaucoup ne se rendent pas compte qu’ils harcèlent.” C’est aussi le programme de ces journées qui est remis en question par les survivant.e.s, Angèle voudrait qu’il soit plus concret et davantage enrichi : “il faudrait montrer plus de choses dans les sensibilisations, autres que des petites vidéos du gouvernement, il faudrait amener un débat, montrer plus d’associations, sensibiliser plus de gens, mener des actions.”

“Être gothique, bonne élève & grosse dans un collège classé RED+ c’est pas la bonne idée”

Charlotte, survivante de harcèlement scolaire

C’est par cette phrase que mon échange avec Charlotte a commencé, et d’emblée le ton était donné : le ton qui a encaissé de nombreuses discriminations, qui s’est construit dans un environnement hostile à sa personne, ce ton que l’on retrouve chez les autres survivant.e.s, marqué.e.s par les discriminations.

Lors des premiers échanges avec Charlotte, Magali, Lilou et Angèle, je leur demande le type de harcèlement dont elles ont été victimes, pour mieux comprendre les séquelles qui en ont émané par la suite. Leur respiration est hachée, l’émotion s’entend dans leur voix et les réponses dites rapidement, comme pour ne pas prendre conscience qu’elles venaient d’avouer ce qu’elles avaient subi pendant des années. Avec émotion, chacune s’est confiée sur la nature de son harcèlement et au fur et à mesure, leurs réponses se rejoignent, se ressemblent, s’assemblent. 

Les discriminations subies par les victimes ne sortent pas de nulle part, les enfants ne les inventent pas. Ces discriminations, c’est la société qui leur offre. L’homophobie, et plus particulièrement la lesbophobie, a donné le cadre parfait aux harceleurs.euses de Magali lorsque celle-ci s’interrogeait sur son orientation amoureuse. L’handiphobie quant à elle, a été livrée comme une arme aux harceleurs.euses de Angèle atteinte d’une maladie cardiaque. Pour Charlotte, c’est la grossophobie ambiante de la société qui a servi à ses harceleurs.euses pour la détruire.

Chacune de ces situations a un lien, chaque harcèlement que ces trois survivantes ont subi émane d’un schéma de domination, d’une oppression caractérisée dans la société. Animatrice en colonie de vacances, Charlotte ne s’en étonne pas, mais s’en désole : “Les enfants, c’est juste un reflet de ce qu’est ta société, ce sont des petites éponges et si on a une société haineuse envers les gros, envers ceux qui sont différents, les gamins ne feront que reproduire ce schéma. »

« Le fait que personne autour de moi n’ait vraiment vu ce qu’il se passait, que mes ami.e.s ne l’aient pas remarqué, j’étais pas vraiment soutenue, je n’étais pas vraiment comprise. »

Angèle, survivante de harcèlement scolaire.

Dans les quatre témoignages de nos survivantes, on retrouve un certain mécanisme, semblable à une spirale infernale, celle de d’isolement des victimes. Soit utilisé par les harceleurs.euses pour rendre la victime encore plus vulnérable, soit en tant que conséquence du harcèlement.

Pour Magali, cet isolement était ouvertement affirmé par ses harceleurs.euses, elle raconte : “je me faisais virer du vestiaire des filles en sport parce qu’elles avaient peur que – je cite – « je les matte »”. Cette technique d’intimidation à base d’humiliation publique est utilisée dans de nombreux cas de harcèlement. Son but ? Entraîner les autres élèves dans un effet de masse contre la victime. Angèle a aussi souffert de cet isolement général, ses harceleurs.euses utilisaient sa maladie pour écœurer les autres élèves et faire en sorte qu’elle se retrouve toute seule.

Malheureusement, l’isolement n’est pas uniquement utilisé de manière aussi directe, il peut être bien plus subtil, ce qui ne fait pas diminuer ses séquelles. C’est aussi la réaction des autres acteurs.trices comme les membres du personnel éducatif, les ami.e.s ou encore les membres de la famille, qui joue énormément sur le sort des victimes, la manière dont chacun.e accueille la parole d’une victime est déterminante pour la vie de celle-ci. Charlotte résume avec agacement : “On nous dit tout le temps “il faut en parler” et on veut bien en parler mais faudrait qu’on nous entende en fait !” Ce mécanisme, celui de mettre sur les épaules de la victime la longévité de sa situation ou encore tout simplement les faits de harcèlement, toutes les survivantes rencontrées me l’ont rapporté. Que ce soit Lilou avec la CPE de son collège qui ne la croyait pas, sous prétexte que les filles qu’elle accusait de harcèlement “étaient très gentilles”. Ou alors Angèle qui m’explique l’aberrant déni de son père lorsqu’elle parle de son harcèlement : “il n’y croit toujours pas, parce que je n’en parlais pas, parce que le collège et la maison c’est vraiment deux choses différentes donc j’arrivais vraiment à dissimuler ce qui m’arrivait dans la journée, on pouvait m’insulter toute la journée mais je rentrais et je ne disais rien.” 

Presque systématique, quasiment omniprésent, cette remise en question de la parole des victimes participe à leur isolement, de la même manière que lorsque leur entourage ne se rend pas compte du harcèlement qui opère.

Être harcelé.e à l’école, ça change toute une vie, ça peut la détruire, et si ça ne le fait pas, ça la marque définitivement : c’est ce qu’on pourrait retenir de la rencontre de CUBE avec les quatre survivantes de harcèlement scolaire mais nous avons plutôt décidé de leur laisser la parole afin qu’elles s’expriment sur la mesure de ces séquelles qu’elles gardent et qu’elles garderont encore longtemps.

Les premières séquelles dont elles me font part, ce sont les plus vastes, sûrement les plus simples à avouer et les plus générales : le harcèlement scolaire et les séquelles sociales qu’il laisse.

“L’école c’est fait pour grandir, pas pour souffrir” : ce slogan de l’éditeur de presse Milan Jeunesse marque les esprits & résume l’enfance des victimes. Dans ce cadre scolaire dédié à leur croissance & à leur construction, bien des enfants y ont ressenti de la souffrance, y ont grandi dans ce cadre de haine, dans ce bain de discriminations & d’humiliations. Au sein des écoles, des milliers d’enfants sont censés se construire, mais qu’en est-il de leur construction dans de telles conditions ?

Les quatre survivantes que CUBE a rencontrées reconnaissent les séquelles laissées par cette construction bafouée, cela notamment au niveau social. Comment créer des liens sociaux dans un environnement qui ne veut pas de vous ? Comment se sentir en sécurité dans la société lorsque son premier cadre vous est hostile ?

Angèle a été victime de harcèlement scolaire durant trois ans au collège, alors lorsqu’on aborde ensemble les séquelles que ça a eu pour elle, la réponse vient rapidement : “je fais de l’anxiété sociale”. Ce trouble anxieux, caractérisé par de l’anxiété intense de la part du sujet lorsqu’il se retrouve dans des situations sociales où il pourrait être confronté à l’observation d’autrui, Angèle n’est pas la seule à en souffrir. De plus en plus remarqué par les psychologues chez les survivant.e.s de harcèlement scolaire, Angèle décrit les conséquences de son anxiété sociale sur son quotidien : “Ça impacte ma vie d’aujourd’hui socialement, je n’arrive plus à foncer, à parler à des gens sans me poser 3000 questions sur est-ce que j’en vaux la peine […] on m’a tellement rabaissé sur ce que j’étais que je me demande si je suffis aux gens.”

Ce mécanisme selon lequel Angèle s’efface de la société par peur du regard des autres, on le retrouve notamment chez Charlotte lorsqu’elle m’explique comment elle se comporte dans un cadre public : “à chaque fois que je suis entourée de personnes jeunes, que ce soit quand je passe à côté d’un groupe dans la rue, dans une classe ou quand je suis à un évènement, j’ai toujours cet à priori là qui me dit qu’ils vont se moquer de moi. Quand j’entends des rires c’est forcément sur moi, quand quelqu’un regarde dans la rue je baisse les yeux.” L’invisibilisation du survivant ou de la survivante de harcèlement scolaire est courante, quasiment automatique. Ce mécanisme, les survivant.e.s me l’explique ainsi : se rendre invisible, c’est se rendre intouchable, si on n’existe pas, on ne pourra pas être agressé.

“Je n’ai pas pu construire cette confiance en moi à ce moment si important de ma vie, parce que je ne me sentais pas valorisée et fière de qui j’étais.”

Magali, survivante de harcèlement scolaire atteinte d’anxiété sociale.

Des séquelles sociales, il y en a de nombreuses après une période de harcèlement scolaire, mais elles ne sont pas les seules à impacter la vie des survivant.e.s. Les conséquences personnelles, celles qui touchent le rapport de la victime avec elle-même, celles qui impactent son amour propre et sa confiance en soi, celles qui dérèglent la vision du corps de la victime et son rapport à la nourriture, existent aussi, et font tout autant de mal, tout autant de dommages : Angèle, Charlotte, Lilou et Magali nous en parlent.

De manière générale, c’est le manque de confiance en soi qui est présent chez la grande partie des survivant.e.s de harcèlement, ce mécanisme se retrouve ainsi chez nos quatre survivantes. Elles abordent ce manque de confiance en soi comme la conséquence directe d’une construction personnelle bafouée, entravée par les remarques humiliantes, Lilou m’en parle ainsi : “depuis ces jours je n’arrive pas à avoir confiance en moi, j’ai toujours ces voix dans ma tête qui me disent que je suis nulle, que je n’y arriverai jamais, que je suis la plus moche etc. Je continue à croire en ces voix et je ne sais pas comment les oublier et prendre confiance.” La peur du regard des autres, de leur avis du fait de remarques blessantes par le passé revient aussi, notamment du côté de Magali : “j’ai souvent peur de ce que les gens pourraient penser de moi en général. Je doute la plupart du temps de moi-même.”

De manière plus personnelle, plus individuelle, Angèle aborde l’handiphobie qui est à l’origine de son harcèlement scolaire, l’impact qu’il a eu sur sa construction personnelle et notamment son rapport à sa maladie : “c’est compliqué de s’accepter telle qu’on est, mais alors s’accepter telle qu’on est avec une maladie c’est encore plus dur. Quand pendant des années on te dit que ta maladie fait de toi un monstre, et bien t’as pas envie de l’accepter, t’as pas envie de vivre avec.”

Au sein de chacun des témoignages, force est de constater que bien qu’ils soient différents et que chaque harcèlement a été vécu de manière personnelle, une force extérieure est commune à chacune de ces quatre survivantes. Cette force exercée sur les victimes, c’est le jugement des autres et notamment sur le physique. Angèle, Charlotte, Lilou et Magali : toutes ont mentionné des séquelles sur leur rapport à leur corps, à la perception de celui-ci et notamment au jugement de leur poids.

Pour Lilou, la présence des pensées néfastes sur son corps est quotidienne : “chaque matin quand je passe devant mon miroir je suis dégoûtée de ce à quoi je ressemble… il y a très peu d’occasions où je me suis sentie jolie.”

Remise en question de leur beauté, jugement de valeur sur leur attirance et moquerie sur l’apparence physique : les brimades dénigrantes sur leur corps étaient quotidiennes lors du harcèlement. Charlotte nous en parle plus en détails, faisant allusion aux conséquences qui ont émané du harcèlement qu’elle a vécu en raison de son surpoids. “Ça m’a déclenché des Troubles du Comportement Alimentaire (TCA), j’ai fait de l’anorexie boulimie, je me faisais vomir.” Bien qu’elle s’exprime au passé pour me lancer cette phrase qui constitue le début de ses aveux, elle poursuit au présent, car les TCA sont toujours là. Elle met notamment la responsabilité de la longévité de ses troubles sur sa construction personnelle entravée : “comme j’ai eu un rapport malsain avec la nourriture au moment où j’étais en pleine croissance et en plein développement c’est un problème qui me suit encore.” 

“J’ai du mal à me contrôler quand j’ai des trucs dans le placard, j’ai du mal à me contrôler de ne pas tout manger & quand je mange j’ai du mal à ne pas me faire vomir après.”

Charlotte, survivante de harcèlement scolaire atteinte de Troubles du Comportement Alimentaire

Charlotte se confie sur un second comportement maladif et destructeur qui la ronge à cause de son harcèlement : la dysmorphophobie. “Je me vois & je me considère plus grosse que je ne le suis mais c’est maladif en fait.” Alors que ce soit pour acheter un pantalon en magasin ou pour passer devant le miroir chaque jour, tout devient complexe : “je me voyais énorme, quand je me comparais dans des photos, je me voyais en obésité morbide.”

Hantée par ces moqueries, ces surnoms ridicules, ces remarques sur son physique, elle me fait le portrait des jours difficiles, ceux “où y’a des mots qui résonnent dans ma tête et que je me dis que je suis grosse et que je ne sers à rien, que je n’y arriverai pas.”

« Je me suis mise à me mutiler aussi à cette époque »

Charlotte, survivante de harcèlement scolaire

À force de subir des années de torture psychologique et physique, d’humiliations et de coups, les séquelles ne se contentent pas de prendre place dans la vie des victimes, parfois, la douleur est tellement lourde à porter qu’elle tente d’anéantir cette vie définitivement à l’aide d’idées destructrices qui s’emparent des victimes. Ces idées destructrices, Angèle en a fait les frais. Sa voix lourde d’émotion, elle se confie sur cette période destructrice qu’elle a vécue en classe de première : “je pensais à mourir. C’est quelque chose qui m’arrivait parce que je n’en valais pas la peine, c’était lourd quoi, c’était trop lourd. Je n’arrivais pas à me dire que j’étais à la hauteur, que je pouvais y arriver.”

« Ça m’a créé un rapport avec moi-même très compliqué, au lieu d’être la personne que j’aime le plus, je suis ma pire ennemie parfois. »

Charlotte, survivante de harcèlement scolaire

Dans les salles de classes, en parcourant les couloirs, sur les réseaux sociaux, en marchant dans la rue ou dans l’espace de récréation, le harcèlement scolaire est partout, il s’initie dans les cadres les plus personnels des victimes, il a une influence dans chacune de ses activités, il marque son territoire dans le but d’effacer le territoire initial, celui qui constitue l’identité de la victime.

En cette Journée Nationale de Lutte Contre le Harcèlement Scolaire, c’est à toutes les victimes, celles qui ont été avalées par le système infernal du harcèlement scolaire, celles qui s’en sont sorties, celles qui essayent d’y parvenir & celles qui souffrent encore, que les survivant.e.s de harcèlement scolaire pensent, c’est à elles que nous pensons, en espérant pouvoir dire un jour qu’il n’y aura plus jamais une victime de plus.

« Le collège c’est le moment où je me suis créé une identité & j’ai grandi avec cette identité-là. »

Charlotte, survivante de harcèlement scolaire

LOÏS HAMARD

En cas de détresse ou si tu es témoin d’une situation de harcèlement, voici des ressources qui pourraient t’aider :

Le 30 20 : Numéro créé par le ministère de l’Éducation Nationale, dédié au harcèlement, tu peux notamment signaler un cas de harcèlement via ce numéro & obtenir de l’aide du lundi au vendredi de 9h à 20h et le samedi de 9h à 18h

Net écoute au 0800 200 000 : Grâce à l’association e-Enfance et le ministère de l’Éducation Nationale, des psychologues sont là pour t’écouter et te fournir des réponses et des solutions qui te conviennent du lundi au vendredi de 9h à 18h.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. COURIAUT BÉRENGÈRE dit :

    Merci bcp d en parler. Maman d un fils de 14ans 2 fois victimes la 1ère fois il avait 7ans ensuite 11ans en 6ème il est boulimique et encore très fragile. Nous faisons de notre mieux pour aider soutenir notre fils qui a déjà voulu se suicider. C est très dur et on se sent impuissant, le système scolaire est totalement aveugle et sourd car les harceleurs sont svt des enfants ou ados plutôt « bons » et surtout de bons milieux avec la bonne image « sociale » et là… Le piège se referme. Même quand la famille le signale, rien n est fait, voire on nous culpabilise on finit par changer d établissement en ayant très peur de récidives… Qui arrivent car notre enfant a une ÉTIQUETTE DE VICTIME il s enlisé ou commence à devenir violent!!
    C est une descente en ENFER. Qui peut stopper des ados en masse??? C est comme une meute de loups qui renifle leur proie à des kilomètres. Ils servent de défouloir. Quand ouvrirons nous les yeux??? Combien de suicides faudra-t-il?il n y a jamais qu’ UN HARCELEUR c est un phénomène de groupe!!! Et ca change tout! Ces ados se sentent puissants et « intouchables » et… Protégés par une bonne « image sociale »
    Et voilà! Tout est dit: simple, efficace. Ajouté à cela les réseaux sociaux et…cocktails suicidaires en perspective! Je pense qu’ il y a des pions qui voient qui savent mais…font-ils le poids face aux CPE qui eux ne souhaitent qu’ une « bonne réputation », faut « régler le pb en interne » on sous-entend aux parents que leur enfant est peut-être instable, asociable ou « trop sensible ». Est-il suivi par un psychologue? Ce ne sont que des »taquinneries d ados!!!! » Oui jusqu’à la MORT 🤐😡😩😭😱

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  2. Thomas Charles dit :

    Personnellement, c’est pendant mes 7 ans d’adolescence de l’entrée en 6ème jusqu’à la Terminale que j’ai connu l’enfer.
    Et encore aujourd’hui, je ne m’en sors pas.

    Tout est parti d’une erreur de ma part, car j’étais du genre à considérer que mes bonnes notes à la primaire et mon Q.I de 120-125
    étaient une preuve d’intelligence. J’étais content de mes résultats scolaires, d’avoir de bonnes notes et que mes parents et mes profs me complimentent pour çà. Tel a été mon pêché originel. Peut-être aussi le fait d’avoir de grands rêves pour mon avenir, croire que je deviendrais après mes études un grand entrepreneur dans le Numérique.

    Le fait d’avoir un caractère très sensible à côté de çà fait que je me suis sans doute naturellement reposer sur la qualité « intellect ».
    Peut-être aussi le fait de venir d’un milieu trop aisé et d’avoir été un peu trop pouponé dans l’enfance par Maman et d’avoir eu un père à l’inverse au caractère rigide, typé ESTJ dans le test MBTI en psychologie, pendant que je suis au strict opposé du spectre.

    Honnêtement, je trouve que partir de là pour dire que je prenais les gens de haut revient à être très rapide en besogne, car mettons qu’un mec qui dit un très intéressant me sorte sa feuille de Q.I, déjà à l’époque, je ne lui aurais pas dit, en fait, t’es un « con » et je suis plus intelligent que toi, parce que tu as un Q.I à 95.
    Néanmoins, le fait qu’on m’ait dit dans l’enfance que j’avais un « potentiel intellectuel » et qu’à partir du moment où mes notes ont commencé à baisser à mon entrée au collège St Etienne de Strasbourg, mon père se soit mis sur mon dos en m’expliquant qu’avec le potentiel que j’avais montré en primaire, ma baisse de notes ne pouvait être que le résultat d’un manque de travail, m’obligeant à l’attendre le soir pour bosser ensemble parfois jusqu’à 2 heures du matin mes cours et mes exos avec des taloches dans le dos du crâne quand je ne voulais pas avancer ou que je ne répondais pas assez vite, m’a maintenu dans cette idée d’être « intelligent ».

    Bref, il a suffit que je montre une fois lors d’un cours de SVT que j’accordais de l’importance à mes notes et que j’étais un peu fier, vaniteux de çà pour qu’un premier couple de petits futés se mettent sur mon dos et s’amusent à me montrer qu’en fait d’être intelligent, j’étais le plus « bouffon » du collège. D’autres ont suivi par la suite, progressivement.
    Et chaque jour, pendant les cours, comme pendant les récrés, j’avais droit à des gens pour me provoquer et montrer avec leur ruse ou leur répartie que j’étais un gros abruti. Je pense que si j’avais eu une explication à l’époque du type « Théorie des Intelligences Multiples », que le Q.I ne dit rien de la créativité ou de l’intelligence des situations et que plutôt qu’une preuve d’intelligence, c’est une preuve d’un talent pour la logique mathématique et tout ce qui y est lié, comme la physique. Voir les choses en termes de talents, plutôt que d’intelligence.

    Pour une raison que je ne comprenais pas, je ne trouvais jamais la réplique quand d’autres me provoquaient.
    Je n’avais pas le « sens de la répartie ».
    Être complètement incapable de répondre à toute provocation me faisait sentir un sentiment d’impuissance.

    De plus, j’étais aussi très manipulable et encore une fois sensible et maintenue dans cette idée qu’intelligence = réussite scolaire par mes parents et les profs.
    A la fin, je comprenais que je n’étais pas si intelligent que çà, mais je n’arrivais pas à comprendre pourquoi dans les faits, j’étais le dernier des crétins, alors qu’on m’avait laissé entendre que j’avais une grande intelligence et qu’on me mettait la pression pour que je travaille comme un forcené à cause de çà. De plus, d’une certaine manière, j’avais une vision idéaliste où l’intelligence mène les gens à faire ce qui est juste.
    Du coup, je ne comprenais pas pourquoi je n’arrivais pas à me défendre, à trouver quoi dire et à me préserver contre la manipulation.

    En plus de ce problème d’associer intelligence et Q.I et d’être brimé pour çà, en voulant défendre un autre élève harcelé, je me suis mis à dos une bande de gosses de riches, qui passaient leur temps à me faire comprendre que bien qu’étant fils de médecin, j’étais un pouilleux.

    Perso, çà ne m’était jamais venu à l’idée à l’époque de me vanter des mérites d’un autre, mais quelque-part, là encore, je n’arrivais à trouver la réplique et à me défendre. Quand je demandais à mon père quoi répondre, il trouvait facilement quoi dire, mais persistait à faire comme si çà n’avait aucune importance et ne comprenait le problème.

    Ces gens passaient à me critique sur mes vêtements, à faire des blagues sur la voiture de mon père, en disant que c’était la « Audi des pauvres ».
    Ou encore un élève qui aujourd’hui a fait Centrale Lyon, pendant que j’ai complètement foirer mes études de long en large, qui me disait qu’il était un S.D.F pour ensuite continuer avec « Sans Difficultés Financières », lorsque je tombais dans le panneau. Sous entendu contrairement à toi. Certains de ses élèves venaient nous rappeler leur richesse à moi et un autre, pratiquement tous les matins.

    J’ai aussi eu une nana qui par l’intermédiaire de sa copine est venue me dire en plein milieu d’un cours qu’elle voulait sortir avec moi, juste pour se moquer de ma poire et me faire comprendre qu’un intello rat de bibliothèque fragile du cul ne la méritait pas et que j’étais con d’y avoir cru.
    Quelques nanas comme çà en 7 ans font qu’aujourd’hui, ma confiance en la matière touche le zéro absolu.

    Bref, pendant les cours, au bout d’un temps, je n’osais poser des questions aux profs, car à chaque question posée, une bonne partie de la classe se mettait à rire.

    J’ai eu beau essayer de faire comprendre la situation à mes parents, je n’y arrivais pas et je suis resté dans cette école pendant 7 ans.

    Ensuite, j’ai continué sur une Maths Sup/Maths Spé, ayant tant bien que mal réussi à entrer en filière S en rampant et à valider mon bac suffisamment pour rentrer dans une prépa privée, mais les lacunes accumulées pendant 7 ans, à ne pas oser poser des questions aux profs
    et à devenir de plus en plus en plus crétin et autiste de jour en jour font que je n’arrivais pas à tenir le niveau.
    Même là, bien que les gens étaient en moyenne agréable, j’avais encore des gens qui s’amusaient de ma naïveté et de mon manque d’autonomie(que j’aurais peut-être acquise, si je n’avais pas eu mon ego écrasé par le secondaire).
    Et j’avais beaucoup de difficultés à poser des questions pour avancer, préférant travailler par Internet pour résoudre les incompris.

    Bref, au final, l’école d’ingénieurs que j’ai eu au concours n’était pas la Rolls,
    mais j’aurais encore pu m’en sortir si j’avais réussi à reprendre pied à ce moment là.

    Cette école m’a permis de comprendre pourquoi j’étais l’idiot du village au collège/lycée et de comprendre plein de trucs sur les relations humaines et le monde en général, notamment la fameuse théorie des intelligences multiples ou le MBTI, mais malheureusement détruit par les 11 années précédentes, je n’ai pas réussi à assurer là non plus, ni à trouver un job à la sortie.
    Mon Erasmus fut atrocement raté, de même que mes stages. Et encore aujourd’hui à 30 ans, je galère.

    Je n’ai jamais eu de relations amoureuses, étant donné que les nanas du collège se plaisaient à me castrer.
    Je n’arrive pas à garder un job longtemps et de manière générale, j’ai une vie d’Howard Philips Lovecraft.

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