Mouvement pro-IVG : une première victoire « en demi-teinte » pour les Polonais

Mercredi 5 novembre, les mouvements pro-IVG en Pologne ont provisoirement obtenu gain de cause. La décision de limiter les droits à l’avortement dans le pays n’a pas été publiée au Journal Officiel. L’arrêt du Tribunal constitutionnel a été suspendu mais pour certains ce n’est pas suffisant. 


Le 22 octobre, le Parlement polonais s’était prononcé sur une proposition de loi à l’initiative du comité ultra-catholique « Stop Avortement ». Les députés avaient alors voté en faveur de l’interdiction d’avorter lors de graves malformations de l’embryon. Depuis, le pays entier fait face à de nombreuses manifestations et sit-in organisés par des mouvements pro-IVG. Ces derniers militent contre les valeurs du parti ultra-catholique nationaliste, Droit et Justice (PiS), représenté par le président de la République de Pologne, Andrzej Duda. 

© JANEK SKARZYNSKI / AFP

La pandémie de Covid-19 ne représente pas un frein pour ces rassemblements, bien au contraire. Le mois dernier déjà, dans le respect des gestes barrières, des protestataires avaient occupé les réseaux sociaux avec les hashtags « Czarny Protest » et « Black Protest » mettant en avant des photos de femmes habillées en noir pour protester contre l’interdiction de l’IVG.

Une forte mobilisation universitaire

Les universités se mobilisent elles aussi. Depuis deux semaines, de nombreux appels à la grève sont relayés sur les différentes plateformes universitaires de l’Université Jagellon de Cracovie. Considérée comme la plus ancienne université d’Europe centrale après l’Université Charles de Prague, l’établissement a connu de nombreux tournants dans l’histoire du pays.

« Les responsables ont peur de perdre le pouvoir »

Stanisław Łojek, professeur à l’Université Jagellon

« Les responsables ont peur de perdre le pouvoir. Tôt ou tard, ils entendront notre voix. » me confie Stanisław Łojek, professeur de philosophie politique à l’Université Jagellon.  Pour lui, il est inconcevable qu’une autorité de l’État prenne des décisions sur sa vie ou celle des autres. Sa place dans le mouvement de contestation va bien au-delà de celle qu’il occupe en tant que professeur. C’est un combat qu’il vit en tant qu’individu, inquiet des dérives de son gouvernement. 

« Je suis fermement opposé à la limitation des droits des femmes, d’autant plus sur la question de l’avortement ! ». Pour ce professeur, la lutte n’est pas terminée.  Si la suspension de l’arrêt est une première victoire, Stanisław Łojek ainsi que de nombreux pro-IVG continueront leurs actions protestataires jusqu’à ce que le gouvernement abandonne complétement cette loi. 

MANON DUFOUR

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