Maëonthebeat : la musique et la magie des réseaux sociaux

Maëonthebeat, jeune music producer de 19 ans s’est faite connaitre à travers les réseaux sociaux en partageant des vidéos de ses reprises au piano. Nouvelle artiste aux inspirations rap et R’n’B, Maëlys semble être le fruit d’une communion entre le talent à l’état pur et la magie que peuvent opérer les réseaux sociaux. Cube est parti à sa rencontre.

Peux-tu nous décrire en quelques mots ton parcours ? Est-ce que tu jouais de la musique avant de te lancer dans ton projet ?

J’ai commencé le piano avec un mini jouet que mes parents m’ont offert. Je devais avoir entre 5 et 6 ans. Je ne savais même pas lire. J’ai toujours baigné dans le milieu musical : mes parents m’ont inscrite au conservatoire de Roubaix quand j’avais 7 ans où j’ai pu apprendre le solfège et le piano. J’ai fini par arrêter. Jouer du classique ne me correspondait plus. Mon professeur de piano m’a vraiment marquée, il m’a tellement appris. Ensuite, au collège, j’ai appris des covers sur YouTube : je regardais des videos pour pouvoir jouer des morceaux que j’écoutais à la radio. J’ai commencé la guitare. A partir du lycée, j’apprenais des morceaux à l’oreille, c’est-à-dire sans partitions, sans vidéos, juste en écoutant. J’ai commencé à poster sur les réseaux sociaux, il y a 2/3 ans. Je reprends des sons raps. Puis cet été, je me suis lancée dans le beatmaking.

Pourquoi t’être lancée dans le beatmaking ?

Je me suis lancée suite aux retours de beatmakers sur une vidéo au piano que j’ai faite. Ceux-ci m’ont demandée si je composais. A ce moment-là, la compo, je l’avais un peu laissée de côté. Comme j’ai reçu plusieurs messages notamment de beatmakers qui ont travaillé avec des rappeurs que j’aime, je me suis dis que ce n’était pas anodin. Du coup, je m’y suis remise. J’ai fini par acheter le matériel nécessaire grâce à mes parents et mes amis. Je commence doucement mais sûrement.

Il faut oser !

D’où te viens ton inspiration ?

Mon inspiration me vient de mes propres émotions. La musique est vraiment un exutoire. Je le vis comme quelque chose de vitale. Tout ce que j’intériorise, la musique me permet de l’exprimer. J’ai pas vraiment d’autres inspirations. Quand je décide de composer, je me mets au piano et puis je me laisse emporter. En ce qui concerne mes reprises, les inspirations me viennent plutôt du rap français et américain, le R’n’B aussi. L’univers de la musique noire américaine m’inspire énormément car j’ai grandi avec les sons de Michael Jackson, Stevie Wonder, Aretha Franklin… Ces grands artistes m’ont vraiment donnée envie de me lancer dans la musique.

Photo fournie par @Maëonthebeat de Oleg Ivanov

On te retrouve beaucoup sur les réseaux sociaux, est-ce que tu peux nous dire dans quelle mesure t’ont-ils permis de partager ta passion et de te faire connaitre ?

Sans les réseaux sociaux, je pense que je serais restée une fille qui joue du piano dans son salon. Au départ, je suis de nature timide donc m’exposer, en vrai, devant des gens, je te dirais plutôt non. C’est plus dur. Les réseaux m’ont aidé à prendre confiance en moi, à accepter la critique… Surtout, ils m’ont appris à m’ouvrir aux autres et à partager ma musique. Au début, je postais pour mes potes, sans attendre de retours. Quand j’ai commencé à poster sur d’autres réseaux notamment Twitter, qui a été un tremplin pour moi, c’est là que j’ai eu des retours de personnes que je ne connaissais pas. C’est plus facile de se faire connaitre sur Twitter grâce au retweet ( note de l’auteur : forme de partage propre à l’application). Depuis cette année, je suis davantage sur Instagram, j’avais un peu négligé ce réseau.

Sans les réseaux sociaux, je pense que je serais restée une fille qui joue du piano dans son salon.

Tu dis que les réseaux t’ont beaucoup apporté surtout avec le retour des gens, quelle reconnaissance t’a le plus marqué ?

Deux reconnaissances m’ont vraiment marquée. Au niveau international, c’est Metro Boomin, qui est un beatmaker américain. Il a travaillé avec de grands artistes comme Drake, Travis Scott donc forcément ça a été important pour moi et totalement inattendu. La deuxième reconnaissance a été Laylow, un rappeur français. Sa communauté m’a apportée le plus de force et de soutien. Elle m’a vraiment poussée à m’améliorer et à me dépasser. Si je n’avais pas eu tout ce soutien, je n’aurais peut-être jamais commencé à faire des prods. C’était à l’époque où il n’avait pas encore sorti son dernier album « Trinity ». J’avais posté une reprise d’une de ses musiques, seulement 15 secondes, et beaucoup de personnes m’ont demandé la suite. Quand il a vu l’extrait, il m’a répondu et m’a posté sur ses réseaux. C’est ça la magie des réseaux. A partir du moment où j’ai compris que je pouvais atteindre les rappeurs que j’aime avec mes reprises tout en restant dans mon salon, ça a tout changé. Le premier morceau que j’ai repris au piano était de Damso, un rappeur belge. J’avais aussi fait 15 secondes et, pareil, j’ai été re-postée sur des comptes fans. J’ai fait des milliers de vues en peu de temps. Pour moi, on a une réelle chance de vivre dans cette ère où tout est possible, où les connexions se font plus facilement. C’est tellement plus rapide.

On imagine que comme tout artiste tu as des moments difficiles, est-ce que tu peux partager avec nous ce qui te donne la force de continuer, de ne pas baisser les bras ? Tu nous as parlé des encouragements…

C’est le retour des gens qui m’aide. Quand des personnes que tu ne connais pas te disent qu’ils sont fiers de toi, ça peut paraitre bizarre mais c’est hyper stimulant. Ce sont des personnes que tu ne verras sûrement jamais et ils sont derrière toi. Je ne vais pas dire que j’ai une énorme communauté mais les retours me font plaisir. Forcément, il y a aussi les retours des artistes et des beatmakers lorsque j’ajoute ma touche personnelle à leurs oeuvres. C’est extrêmement touchant. D’un autre côté, je pense qu’il y a Dieu qui m’aide. Si je n’avais pas la foi, je ne pense pas que j’en serais là aujourd’hui.

J’ai compris que je pouvais atteindre les rappeurs que j’aime avec mes reprises tout en restant dans mon salon.

photo : @maeonthebeat

Oui, ton talent est reconnu… Et puis tu as quand même pas mal de soutien…

Oui et sur les réseaux, il y a pas mal de personnes qui essaient de mettre en avant de nouveaux talents. Ce sont aussi des personnes que j’ai rencontré par hasard sur les réseaux, et puis, ils veulent te donner de la force, ils te poussent à faire encore mieux. il y a aussi les comptes fans et les médias rap qui me donnent de la visibilité. Twitter est un réseau pratique pour se faire connaitre parce qu’il y a une certaine entraide entre les artistes.

Est-ce qu’on peut s’attendre à une nouvelle colab’ ou un nouveau projet ? Avec quelqu’un de Twitter par exemple…

Je travaille sur certaines colab’ en ce moment grâce aux beatmakers que j’ai rencontré sur Twitter et Instagram. Pour le moment, je fais des loops, c’est-à-dire, des mélodies. Forcément je suis amenée à faire des colabs’. Mon objectif est que les rappeurs achètent la mélodie et qu’ils l’utilisent pour sortir un son. Du coup, oui, je travaille pas mal sur ça. Il y a aussi des artistes qui me contactent eux-mêmes. Je ne veux pas trop spoiler, il y a toujours des imprévus surtout dans la musique. Entre le moment où c’est bloqué et le moment où ça sort, il peut se passer des mois. En ce qui concerne les nouveaux projets perso : je ne pense pas être encore prête mais j’ai déjà quelques idées donc petit à petit ça va se faire, en développant mon réseau pour pouvoir me lancer.

Dernière question pour Cube, quel(s) message(s) espères-tu que ta musique transmette à ton audience ?

L’espoir. Pour moi, début 2020 a été assez difficile, ainsi je me suis réfugiée dans la musique et les réseaux sociaux où j’ai multiplié les vidéos. L’espoir, que même dans les moments sombres, il y a toujours de la lumière. Même si on pense que ce qu’on fait sur le moment ne sert à rien, il ne faut pas abandonner parce qu’au final ça servira toujours. Il faut croire en son potentiel et être passionné. Surtout, il faut oser ! C’es avec ces valeurs que j’ai grandi.

Vous pouvez retrouver les créations et reprises de @maeonthebeat sur les réseaux sociaux :

Twitter : https://twitter.com/maeonthebeat?s=20

Instagram : instagram.com/maeonthebeat/

SoundCloud : http://soundcloud.com/maeonthebeat

Propos recueillis par SARAH HERENT

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