La Note Internationale – décembre 2020

Alors que l’éprouvante année 2020 touche à sa fin, l’actualité mondiale n’en est pas moins mouvementée. L’actualité de décembre présage un début d’année 2021 toujours marqué par la pandémie de COVID-19. Cependant, ce mois-ci marque un tournant puisque plusieurs vaccins commencent à être délivrés, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Autres faits marquants de ce mois-ci : une révélation supplémentaire sur la situation inhumaine que les Ouïghours subissent dans le Xinjiang, l’évolution du conflit au Tigré et la persistance de l’opposition bélarusse contre le dictateur Alexandre Loukachenko.

Situation dans le Xinjiang : 20% du coton mondial provient de l’esclavage des Ouïghours

Les preuves s’accumulent. Nous savions déjà que la Chine envoie la minorité musulmane Ouïghoure dans des camps, la force au travail, à renier sa culture, et stérilise même ses femmes. En décembre, nous apprenons grâce au lanceur d’alerte et anthropologue Adrian Zenz qu’un nombre considérable de ces victimes de la République Populaire de Chine est forcé de travailler dans l’industrie du coton du Xinjiang, qui produit 20% du coton mondial. Nous avons probablement déjà porté le fruit de l’esclavage des Ouïghours sans le savoir.

Officiellement, le régime chinois se défend en expliquant une entreprise contre l’extrême pauvreté. Cependant, le travail de Zenz prouve que ces personnes effectuent une « rééducation par le travail. » Il conclue que ce sont environ 500 000 personnes concernées par ce travail forcé. Il est difficile d’en savoir davantage pour le moment, mais malgré l’indignation des pays européens, aucune mesure drastique n’a été prise par l’Union Européenne, bloquée par la dépendance économique trop importante de l’Empire du Milieu.

De l’autre côté de l’Atlantique, les Etats-Unis avaient déjà bloqué l’importation de nombreux produits provenant du Xinjiang, comme des pièces informatiques et des vêtements. Début décembre, le pays de l’oncle Sam a décidé de saisir les cargaisons de coton provenant de la région chinoise, un premier pas dans la dénonciation de la situation.

Des manifestants contre la répression à l’encontre des Ouïghours en Chine. | © Kemal Aslan/Depo Photos/ABACAPRESS.COM

Conflit au Tigré : l’arrêt des combats, poursuite de la crise humanitaire

Dans la continuité de ce que nous avons évoqué le mois dernier, revenons sur le conflit au Tigré, région septentrionale de l’Ethiopie. Les conflits se sont stoppés les 7 décembre, le gouvernement mettant fin à l’offensive militaire qu’il avait déclenchée. Pour rappel, la région avait organisé des élections dans sa région, outrepassant la décision du gouvernement de repousser ces élections à cause de la pandémie de COVID-19. Les Tigréens ont estimé que le mandat du gouvernement était dépassé. Le conflit est parti de cette action jugée sécessionniste.

La conséquence de ce conflit : 50 000 réfugiés au Soudan, et des centaines de morts. Nous en apprendrons probablement davantage dans le futur, le pays ayant verrouillé ses communications. D’après des témoignages de réfugiés, des massacres ont été perpétrés dans cette région de 6 millions d’habitants. De plus, l’Ethiopie vient seulement de laisser entrer les ONG sur son territoire, laissant craindre un désastre humanitaire. L’objectif, acheminer des denrées et du matériel afin que le Tigré puisse se relever.

Les combats ayant fait ravages, les récoltes n’ont pas pu être faites. Et ce point pourrait faire basculer le conflit actuel en désastre alimentaire, si ce n’est en famine. La région montrait déjà des signes d’insécurité alimentaire avant ce conflit, notamment à cause de l’invasion de criquets qui déciment les plantations. En addition, le manque de sécurité dans certaines zones empêchent l’aide humanitaire d’être apportée. Dans les faits, la guerre a tout perturbé dans la région : banques toujours fermées, prix des denrées en hausse à cause du conflit, manque d’eau et manque de médicaments.

Ce à quoi les ONG assistent ressemble à un blocage de la part des autorités éthiopiennes : pourquoi ne les ont-elles pas laissé accéder plus tôt dans la région où les populations manquent de tout ? Pourquoi la presse a-t-elle été empêchée d’accéder dans la région ? Enfin, pourquoi le pays a-t-il coupé toutes ses communications ? Bien que la source des conflits provienne des sécessionnistes du Tigré, le gouvernement semble s’être assuré qu’aucun contrôle ne pourrait être réalisé pendant les combats. Et cela viendrait corroborer les témoignages de certains réfugiés qui évoquent des massacres ainsi que la présence de l’armée Erythréenne.

Une femme fait la cuisine avec ce qui lui reste dans le village de Bisober, au Tigré, le 9 décembre 2020. EDUARDO SOTERAS / AFP

L’opposition au Bélarus n’abandonne pas le combat

En 2020, la lumière a été faite sur l’absence de démocratie au Bélarus. Et cela est redevable entièrement à une partie de la population de ce pays d’Europe de l’Est. Problème, son président Alexandre Loukachenko est relativement stable au pouvoir, soutenu par Vladimir Poutine, président russe hégémonique dans la région.

Cela n’a pas stoppé les ambitions de l’opposition bélarusse qui résiste depuis cet été, prônant des élections libres, ce que l’actuel président ne propose pas. Pire encore, lorsque le peuple exprime son désarroi face à cette situation, il est violemment réprimé. En réponse à cela, et grâce au soutien de nombreux pays d’Europe, des opposants au régime ont ouvert seize ambassades du « Bélarus Libre. » Le but est simple, montrer que l’actuel régime n’est plus légitime, et faire pressions sur les pays européens afin qu’ils instaurent des sanctions à l’égard du dirigeant Bélarusse. L’objectif final, devenir « la seule instance de représentation légitime du Bélarus démocratique »  explique Alice Syrakvash, co-présidente de l’association des Bélarusses de Paris.

Le fonctionnement de ces ambassades repose sur des bénévoles, qui sont en liens direct avec l’opposante et candidate à la présidentielle l’été dernier Svetlana Tikhanovskaïa, en exil à Vilnius avec son administration. L’originalité de ces nouvelles figures du Bélarus Libre est que la majorité d’entre eux n’ont pas l’ambition de poursuive une carrière politique après l’instauration d’un nouvel Etat. Une première victoire est qu’ils sont en lien avec le Quai d’Orsay, bien qu’aucun soutien concret n’ait encore été prononcé. En effet, les pays d’Europe sont encore loin de mettre à mal Loukachenko car les trois sanctions prises à son égard n’ont que peu d’effets pour l’instant. Quelques signaux positifs ont été envoyés, notamment celui d’Emmanuel Macron qui a promis de rencontrer Svetlana Tikhanovskaïa, mais rien de concret n’a encore abouti de ces paroles.

Svetlana Tikhanovskaïa, la dissidente qui défie Loukachenko. Source : AAP

Clap de fin pour le Brexit : un accord est conclu

1645 jours. C’est le temps qu’il se sera passé entre le vote historique du Brexit par la population Britannique jusqu’à l’accord trouvé entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni. Après quatre ans et demi de péripéties ubuesques au sein du royaume, il en est fini du Brexit. Le tout dernier point de friction entre les deux parties, devenu symbolique, était la pêche. Le mot d’ordre du Brexit était le retour de sa souveraineté au Royaume-Uni. Il était donc inacceptable que les pays étrangers continuent d’exploiter ses ressources halieutiques. Cependant, face à la menace du no-deal qui serait une asphyxie économique, le Premier ministre britannique Boris Johnson a plié. En résumé, les Européens renonceront à 25% de leurs pêches en eaux britanniques. Ceci sera valable 5 ans, au terme desquels une renégociation annuelle de ce quota aura lieu.

C’est un coup de poker réussi pour Boris Johnson, qui, en un an aura résolu l’épineux problème du Brexit. De plus, le Royaume-Uni demeure un allié puissant de l’Union car il aura toujours un accès sans quotas ni droit de douanes sur le marché des 27. La condition est que les futurs échanges entre britanniques et européens soient toujours soumis aux normes de l’Union en termes d’environnement, de fiscalité et de droit du travail. Parce qu’il faut rappeler que si le Royaume-Uni tient à redevenir souverain, il exporte tout de même 47% de sa production vers l’Europe. Cela signifie tout simplement que le pays reste très dépendant de ses voisins.

Boris Johnson, qui a été élu sur la seule promesse du Brexit, va devoir être irréprochable dans la suite de son mandat. Ici, on scrutera notamment les impacts économiques de la crise du COVID-19 et sa promesse d’investir dans la santé et la police, d’autant qu’il est sérieusement concurrencé dans les sondages par Sir Keir Starmer, son rival du Labour Party.

Boris Johnson et Ursula Von der Leyen, présidente de la commission européenne. REUTERS

Europe : l’espoir des vaccins contre le COVID-19 devient (doucement) réalité

C’est une bonne nouvelle dans la lutte contre la pandémie : le vaccin proposé par Pfizer et BioNTech a été approuvé par la Commission européenne et par l’Agence européenne des médicaments. Les premières doses au sein de l’Union sont distribuées depuis la toute fin du mois. L’objectif est de délivrer 200 millions de doses d’ici septembre 2021. Cela signifie que tous les européens ne vont pas pouvoir se faire vacciner cette année, du moins pas avec ce vaccin.

« Davantage de vaccins seront approuvés bientôt s’ils s’avèrent sûrs et efficaces » d’après les dires d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne. On peut espérer que l’année 2021 verra plusieurs vaccins être autorisés dans l’Union Européenne, permettant d’immuniser une large partie de ses habitants et de mettre fin à la pandémie.

Le Royaume-Uni ayant quitté l’Union Européenne n’a pas eu besoin d’attendre la validation des deux organismes. Dès le début de décembre, Boris Johnson a autorisé le début des vaccinations, la plus grande campagne de son histoire. Ce sont déjà 800 000 doses qui ont été réparties dans 50 hôpitaux. En priorité, les personnes âgées de plus de 80 ans, les personnes en maison de retraite et le personnel soignant seront piqués.

Le vaccin Pfizer-BioNTech vient d’être approuvé par la Commission européenne. SOPA images/ SIPA

Sources : Le Monde, Libération, France24, The Guardian, Encyclopaedia Britannica.

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