Visite des archives départementales du Nord avec la directrice, Mireille Jean : « Tout le monde doit pouvoir accéder aux archives »

Le week-end dernier avait lieu les journées du patrimoine. Pour l’occasion, les archives départementales du Nord organisaient des visites guidées. Nous nous sommes inscrites à la visite de dimanche, 11 heures, afin de découvrir ce bâtiment qui renferme plusieurs siècles d’histoire.

Entre la réouverture d’archives secrètes sur la guerre d’Algérie, les témoignages anonymes recueillis sur les attentats du 13 novembre par les archives de Paris et son procès qui est exceptionnellement filmé pour garder une trace, la société est de plus en plus appelée à ne pas oublier. Pourtant, l’accès aux archives ne va pas de soi, et nombreux sont ceux qui ignorent encore comment y accéder. C’est pourquoi nous nous sommes rendues le dimanche 19 septembre devant le bâtiment des archives départementales du Nord, rue Saint Bernard.

10h58. Après vérification de nos Pass sanitaires et de notre inscription, nous rejoignons Mireille Jean, la directrice, convertie en guide pour la journée. « Cela fait longtemps que les archives participent aux journées du patrimoine » explique-t-elle, « et cet évènement est un vrai temps fort pour faire connaître les archives et montrer leur accessibilité ». Après un bref rappel historique, la visite démarre.

11h10. Nous entrons par l’entrée des salariés. Nous arrivons devant des chariots remplis d’archives en vrac. Ces dernières, qui viennent tout juste d’être collectées, doivent désormais être triées. La collecte est au cœur du métier d’archiviste, de même que le tri, qui est règlementé par le Code du Patrimoine. En effet, impossible de tout garder. « Pour 30 kilomètres [1] d’archives éliminés, on garde seulement 100 mètres d’archives », nous explique Mireille Jean. Selon elle, les critères de tri devraient encore être plus sélectifs à l’avenir, car la production de documents ne cesse d’augmenter. Le critère essentiel reste l’intérêt historique. Par exemple, « l’ouverture de certains fonds historiques sont des décisions ministérielles, prises si cela facilite la recherche ou si les documents présentent un intérêt majeur pour le public » précise la directrice.

11h25. Nous arrivons dans la salle de tri. Des grandes tables sont disposées dans toute la pièce pour faciliter l’étalage des documents et l’inventaire. Il est avant tout primordiale d’enlever la poussière pour avoir la meilleure conservation possible.

Salle de tri. Photo : Sandra BOUILLARD

11h35. Nous montons à l’étage afin de visiter un des 49 magasins d’archives, nom donné aux salles de conservation. Les documents sont rangés sur des rayonnages qui peuvent être soit fixes, soit mobiles. Le classement est fait à partir d’une codification nationale à base de chiffres et de lettres. Impossible de trouver quoi que ce soit si on ne la connaît pas.

     Rayonnage mobile                                                       Rayonnage fixe   

Photos : Sandra BOUILLARD

11h50. Nous finissons la visite dans la salle de lecture. C’est ici que le public consulte les documents. L’inscription à un créneau horaire est nécessaire, mais les archives n’ont aucun droit de contrôle sur le motif de la venue. « L’accès aux archives s’est beaucoup développé cette dernière dizaine d’années, notamment avec l’intérêt grandissant pour la généalogie (…) Les services d’archives ont mis en place beaucoup de choses pour répondre à ce besoin du public d’accéder largement aux archives. C’était possible avant, mais les salles et les supports n’étaient pas forcément adaptés » raconte Mireille Jean.

Salle de lecture. Photo : Sandra BOUILLARD

12h. La visite se termine. La directrice termine en exprimant son regret sur le manque de connaissance des habitants sur l’accessibilité des archives : « Pour consulter les archives, encore faut-il savoir qu’elles existent. Beaucoup de personnes ne le savent pas ou alors pensent qu’elles ne pourront pas y accéder. Or, c’est notre rôle de service public que de leur donner accès à ces documents et de les aider dans leurs recherches ». Questionnée sur de possibles améliorations en matière de communication, elle répond : « On essaye de sortir de nos murs, d’être présents sur des évènements, d’organiser des expositions. On est aussi en partenariat avec les scolaires de tout niveau et on a un service chargé de l‘action culturelle et éducative.  Par exemple, nous étions présents lors de l’événement Campus en Fête le 9 septembre, avec des stands sur les campus de Moulins et Pont de Bois pour faire connaître les archives ».

Avoir accès aux archives est important. Tous ces documents constituent un matériau essentiel pour la transmission et la mémoire, et doivent finalement revenir au public. Il ne faut donc pas hésiter à se rendre sur place, demander conseil, questionner, s’informer, et rechercher.

Archives départementales du Nord
22 Rue Saint-Bernard, 59000 Lille
Horaires d’ouvertures : du mardi au jeudi de 9h00 à 17h00, et le vendredi de 9h00 à 16h00
03 59 73 06 00

[1] L’unité de mesure des archives est le kilomètre (km)

LISA PILLAUD ET SANDRA BOUILLARD

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