Militer aux Républicains : « Valérie Pécresse est la seule candidate offrant une alternative à Emmanuel Macron »

Dans ce premier article sur l’engagement militant en période de campagne présidentielle, Cube a pu s’entretenir avec Thibault Van Damme, encarté chez Les Républicains depuis deux ans. Étudiant en Master de relations internationales, le jeune homme de 23 ans dresse un constat positif et ambitieux de ses activités au sein du parti de droite.

Quel a été l’élément déclencheur de l’engagement militant ?

Ça coïncidait avec la fin de mes études. J’ai toujours suivi de près l’actualité politique mais l’engagement concret nécessite une certaine maturité et une connaissance des enjeux. J’estime qu’après ma licence de science politique j’ai acquis un minimum de connaissances et que ma maturité s’est développée.

Quelles sont tes activités en tant que militant ?

Elles se résument au soutien du candidat investit par le parti à différentes élections, là c’est Valérie Pécresse. Nos actions, c’est surtout aller au contact des gens, sur le terrain. On y est beaucoup attachés à droite. Quand on va sur le marché de Wazemmes il y a aussi d’autres partis, comme les Insoumis que l’on croise beaucoup. En revanche des partis comme La République En Marche, on ne les a jamais vu ou très peu. Tractages, collages, aller voir des gens, aller aux réunions, c’est ça l’activité de militant.

« Nous avons toujours cette idée de convaincre par le terrain. »

Comment convaincre de nouveaux adhérents ?

Nous avons toujours cette idée de convaincre par le terrain. On explique notre vision, le projet pour le département, la ville, la région ou même le pays dans le cadre des présidentielles. On parle du bilan du candidat sortant : pourquoi il est bon ou mauvais et quelles solutions on pourrait apporter. Jeudi dernier, j’ai tracté pour Valérie Pécresse devant la gare Lille Flandres, on n’était pas là à dire « bonjour, venez adhérer au mouvement », ce n’était pas agressif. Les gens veulent parler ou non. Généralement ça se passe bien. Bien sûr on peut recevoir des critiques ou se faire un peu chahuter mais ça reste rare.

Es-tu davantage partisan de la candidate Pécresse ou du parti ?

Pour être tout à fait transparent, j’ai milité pour Xavier Bertrand au congrès, donc naturellement je dirais être davantage partisan du parti. Je ne suis pas du tout contre le projet de Valérie Pécresse, bien au contraire, car c’est un projet commun. Nous nous sommes tous rangés derrière ce projet. Ça ne me pose pas de problème dans le sens où je valide son action : elle a un très bon bilan en Île de France. Pour moi c’est le projet d’une équipe, d’un parti, qui a été travaillé et pensé depuis des années.

Valérie Pécresse, candidate LR aux présidentielles 2022
Compte tenu des sondages, crois-tu en la victoire de Valérie Pécresse ?

Oui totalement. Je pense qu’elle est la seule candidate qui offre une alternative à Macron, qui offre un projet de fond et qui a une vraie vision pour la France. Les sondages peuvent être un bon indicateur, on peut voir si la dynamique est bonne ou non mais c’est tout. Il y a encore une semaine Pécresse était au second tour, aujourd’hui elle est derrière Le Pen et Zemmour, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Si ça se trouve Macron ne sera même pas au second tour, qui sait ? Peu importe le candidat en face je pense que Valérie Pécresse a toutes les armes pour y aller et pour gagner, j’y crois avec force.

« Valérie Pécresse a toutes les armes pour y aller et pour gagner. »

T’es-tu fais des amis parmi les militants ?

On ne peut pas avoir un projet concret s’il n’y a pas d’union au sein du clan. On organise plusieurs évènements comme la rentrée des jeunes des Républicains. Je la fais depuis deux ans. Tous les jeunes militants LR qui le désirent se retrouvent le temps d’un weekend dans un lieu donné. En septembre, c’était au parc floral dans le bois de Vincennes. Des cadres du parti viennent animer des ateliers thématiques sur plein de thèmes : « La France dans l’Europe et dans le monde », « L’économie », « L’écologie », etc. On mange tous ensemble, c’est convivial, on passe une bonne soirée. Ce genre d’évènements permet aussi de tisser des liens.

Tes proches partagent tes convictions ?

Mes parents oui, mais dans ma famille plus élargie ce n’est pas toujours le cas. Les convictions politiques tiennent beaucoup du vécu, de la situation dans laquelle on est. Comme on a tous une situation et un vécu différent, on n’a pas tous les mêmes opinions. Je viens d’un foyer de droite, qui a toujours soutenu la droite. Mes parents aimaient beaucoup Sarkozy, c’est un président que j’admire. Dès qu’on s’éloigne du cercle familial proche les avis divergent mais ce n’est pas grave, ce n’est pas parce qu’on n’a pas les mêmes opinions que l’on ne peut pas s’entendre.

« Mes parents aimaient beaucoup Sarkozy, c’est un président que j’admire. »

Si Valérie Pécresse n’était pas la candidate des Républicains, qui aimerais-tu voir à sa place ?

Rachida Dati. Si elle s’était engagée dans le processus présidentiel, je l’aurais soutenue car elle est un exemple de méritocratie, je pense qu’elle est capable d’unir et qu’elle a la force, les convictions et les idées pour tenir la barre et se placer à la plus haute fonction de la République. Aujourd’hui elle est maire du 7e arrondissement de Paris, elle s’est présentée aux municipales de Paris, qu’elle a perdu mais elle demeure conseillère d’opposition. Elle est aussi engagée dans le projet présidentiel, elle suit Valérie Pécresse, elle relaye beaucoup sur les réseaux sociaux. C’est la personnalité que j’aurais aimé voir dans cette élection.

Est-ce dangereux de militer en France aujourd’hui ?

Ça peut l’être dans le sens où parfois, quand tu colles, quand tu tractes et que tu croises d’autres militants politiques, ça s’échauffe un peu. Chez les Républicains on a cette bonne image de parti historique, de parti de gouvernement bien intégré dans le paysage politique mais je pense qu’aujourd’hui quand tu es militant pour l’extrême droite, pour Zemmour ou pour certains partis d’extrême gauche, tu es exposé à certains dangers.

Veux-tu avoir un avenir dans le militantisme ou dans la politique ?

Je ne veux pas être présomptueux, je préfère pour l’instant rester à ma place mais effectivement avoir un avenir politique est quelque-chose qui m’attire. J’aimerais m’engager plus, être là pour les gens, proposer des projets, avoir une vision, être à la disposition de l’intérêt collectif. Puis-je avoir les prétentions d’avoir ce parcours à l’heure actuelle ? Je ne pense pas. C’est quelque-chose qui se forme au fil du temps, au fil de l’expérience, de ce qu’on a à proposer, du territoire dans lequel on s’engage également.

« Avoir un avenir politique est quelque-chose qui m’attire »

Le fait de militer pour un parti dont l’intégrité de beaucoup de membres ont été mises en cause par la justice te pose-t-il un problème ?

Si on devait arrêter d’avoir des convictions, de militer parce qu’il y a eu des affaires judiciaires ou des scandales, comment ferait-on ? Parce que concrètement, aujourd’hui, quel parti n’a pas connu de scandale judiciaire ? Je n’en connais pas un. Des scandales, il y en a eu à toutes les époques et il y en aura encore dans le futur. Il ne faut pas abandonner le militantisme pour ça. On peut être déçu de telle ou telle personnalité mais je pense que les idées sont plus importantes que tout : l’envie d’être là pour l’intérêt collectif et pour les gens, de proposer une vision pour les Français.

Je pense qu’il y a quand même une justice à deux vitesses et que pour certaines personnalités des Républicains, les scandales politico-judiciaires sont plus forts, font plus la Une que pour des individus d’autres partis. Chez Macron aussi, de grandes personnalités ont été mêlées à des scandales judiciaires et on en entend plus vraiment parler aujourd’hui. Si on prend l’affaire Benalla, quel a été le jugement rendu ? Pour quel résultat ? Est-ce qu’on en parle tant que ça aujourd’hui ? C’était pourtant l’un de plus proches conseillers de l’ombre d’Emmanuel Macron. Il est quand même accusé de détention illégale de passeport diplomatique, de détention d’arme sans port d’arme, de matériel policier…

Penses-tu que la récente affaire des possibles vote factices aux primaires des républicains puisse couter la victoire à Valérie Pécresse ?

Je ne pense pas que ce soit le genre d’affaire qui puisse lui couter la victoire. Je pense que les Français ne sont pas bêtes, ils ont avant tout besoin d’un projet et ils en ont marre des histoires sordides. Le processus du congrès a été vérifié, il y a des commissions de vérification. Ce n’était pas un vote à la légère, il y avait quand même des conditions à remplir. Il fallait avoir sa carte au sein du parti et donc renseigner un bon nombre d’informations. On le sait, cette histoire sort de chez Libération, c’est une tentative de décrédibilisation de la candidate pour favoriser la côte de popularité de certains de ses adversaires.

Il y a quand même eu un travail journalistique d’effectué pour produire cette enquête.

Oui mais concrètement… Je ne veux pas remettre en cause la valeur de ce travail journalistique, je ne remettrais jamais en cause le travail de quiconque, en revanche : est-ce que les données ont bien été demandées au parti ? Est-ce que les recherches ont été faites en profondeur ? Aujourd’hui si le parti porte l’action en justice, c’est parce que l’on est sûrs de notre côté que les choses sont cleans. Je ne pense pas que ça puisse nous couter la victoire parce que les Français ont d’autres choses à penser qu’un chien qui a voté au congrès. Je pense que la situation de la France est déjà assez alarmante comme ça, les gens ont besoin d’autre chose que ce genre de polémiques. Le jour de l’élection les Français sauront prendre la bonne décision et ne s’arrêterons pas à ces polémiques.

Un mot de la fin ?

Il ne faut pas oublier les législatives, dont on ne parle pas beaucoup et qui sont très importantes parce qu’au final elles déterminent la majorité parlementaire du pays et donc la composition du gouvernement. Ce n’est pas tout d’avoir un président élu, il faut aussi la majorité qui va avec. Macron a totalement sapé l’autorité et le rôle du parlement et il est grand temps de lui redonner de l’importance.

Propos recueillis par Kévin Corbel

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